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Par Véronique Boudarène, votre naturopathe BiloBia Nice

Comment traiter de façon naturelle les troubles du cycle menstruel ? Véronique, naturopathe du centre BiloBia, vous conseille et vous livre quelques pistes

Le cycle menstruel et ses troubles, comment les traiter de façon naturelle ?

Les règles sont le signe de l’activité génitale chez la femme. Elles apparaissent à la puberté et disparaissent à la ménopause. Les règles sont régulières, elles se manifestent en général tous les mois, suivant des cycles réguliers. Elles durent en moyenne 3 à 5 jours. Le premier jour des règles correspond au premier jour du cycle. Les règles correspondent à l’expulsion de la muqueuse utérine qui provoque un écoulement de sang par le vagin. Les règles sont cycliques. Le cycle des règles est dû aux variations hormonales de la femme au cours de sa vie génitale.

Pendant tout le cycle, la muqueuse utérine se prépare, grâce aux hormones féminines, oestrogènes et progestérone, à recevoir un ovule fécondé qui se transformera en embryon. C’est le départ d’une grossesse. Si aucun ovule ne s’est fixé à la muqueuse utérine, l’hormone progestérone chute et la muqueuse utérine est expulsée. Puis un nouveau cycle recommence.

Les troubles des règles sont fréquents à tous les âges de l’activité génitale, les raisons sont différentes selon l’âge, mais reflètent en général un déséquilibre hormonal ou plus général de l’organisme.

En cas d’absence de règles, on parle d’aménorrhée. On peut penser à un début de grossesse ou après 45 ans à la ménopause. Mais souvent, à l’adolescence, on a quelquefois des absences de règles dues à de l’anorexie, des anémies, un stress intense, du sport intensif… Le corps coupe les règles dans ces cas pour se protéger car celles-ci provoquent une fatigue et une perte de sang, donc une perte de nutriments essentiels.

Règles abondantes, hémorragiques ou métrorragie.

En dehors de la période des règles, les saignements se nomment métrorragies. Ces saignements sont dus en général à des déséquilibres hormonaux. Idem pour les règles abondantes ou hémorragiques dont la cause peut être aussi une carence en fer, à des médicaments fluidifiants, à des fibromes utérins bénins, etc… En dehors des désagréments provoqués, le problème majeur est la perte importante de sang, donc de protéines et de fer, fer qui est souvent insuffisant chez une femme réglée. On se doit de compenser ces pertes.

Règles douloureuses ou dysménorrhées.

L’expulsion de la muqueuse utérine peut engendrer des contractions très douloureuses lors des règles. Elles s’accompagnent souvent de maux de tête, de nausées, d’éruptions de boutons…

Un dérèglement hormonal est souvent causé par une alimentation carencée en bonnes graisses, en fer, en protéines et/ou par un stress important mal extériorisé, par une pathologie particulière, certains médicaments, la pilule…

On cherchera donc la cause profonde pour traiter efficacement.

Les règles douloureuses sont souvent irrégulières. L’irrégularité dans les cycles est là encore le signe d’un profond déséquilibre hormonal. On doit le traiter le plus naturellement possible, en commençant par l’hygiène de vie et la non prise d’hormones contraceptives.

Dans tous les cas, il faut toujours retenir que l’équilibre hormonal est quelque chose de très subtil. La prise régulière et prolongée d’hormones contraceptives s’accompagne forcément de troubles divers car il perturbe profondément cet équilibre.

Règles irrégulières

Règles prématurées (8 à 9 jours d’avance)

La médecine moderne occidentale reconnait trois types de règles prématurées :

  • Celles dues à une insuffisance progestative. L’ovulation a lieu normalement et c’est la 2 phase qui est courte en raison d’un corps jaune improductif.

Le traitement alors proposé est de la progestérone (crème ou pilule) pendant la 2 moitié du cycle.

  • Celles dues à une ovulation précoce
  • Celles dues à un cycle sans ovulation (plus rare)

L’alternative en naturopathie est de traiter le terrain via la phytothérapie et/ou l’aromathérapie.

On proposera des plantes oestrogen-like (qui imitent les oestrogènes) et plus particulièrement : la sauge sclarée qui stimule la production d’oestrogènes, est emménagogue (stimule le flux sanguin dans la région pelvienne et l’utérus), ce qui permettra de réguler le déséquilibre hormonal. On préconisera l’utilisation de l’huile essentielle de sauge sclarée, en massage, par exemple, sur le bas ventre, diluée dans une huile végétale.

Retard de règles (cycles de plus de 35 jours)

Les cycles longs sont dus à la persistance excessive du corps jaune, avec éventuelle formation de kyste à l’ovaire.

Dans ce cas on proposera le framboisier, en macérat glycériné de préférence.

Les règles prématurées ou retardées peuvent poser à certaines femmes le problème de l’éventualité de la stérilité ou d’une grossesse non désirée.

En effet, des règles irrégulières, des cycles anovulatoires peuvent entrainer des difficultés à être féconde.

A ce sujet, la Doctoresse Catherine KOUSMINE a démontré les liens entre l’alimentation et le dysfonctionnement du cycle menstruel ainsi que la difficulté à être féconde. Notre alimentation est la fois trop riche et carencée : consommation de farine blanche, raffinée, dépourvue de vitamines et de minéraux (ces catalyseurs indispensables), de sucre blanc, etc… Le fonctionnement de l’utérus, des trompes et des ovaires est affecté par nos pratiques alimentaires.

Aménorrhée

On parle d’aménorrhée lorsqu’une femme, en âge de procréer, n’a pas ses règles. C’est un phénomène tout à fait normal chez les femmes ménopausées, enceintes ou allaitantes ; en dehors de ces cas elle peut être signe d’une maladie ou de troubles sous-jacents. La cause véritable d’une absence de règles, est difficile à trouver car beaucoup d’éléments interviennent dans le mécanisme des règles.

L’hypothalamus influence l’hypophyse, l’hypophyse influence l’ovaire par les hormones qu’elle sécrète (FSH, LH). L’ovaire, par ses sécrétions d’oestrogènes et de progestérone, influence l’utérus et les seins et leur taux, remontant dans le sang influence en retour l’hypothalamus et l’hypophyse. Parallèlement, les surrénales, la thyroïde et le pancréas influence l’hypophyse qui, à son tour les influencent.

On distingue l’aménorrhée primaire de l’aménorrhée secondaire. La première concerne les femmes qui n’ont jamais eu de menstruations, ce qui est rare, une malformation en est souvent à l’origine. La deuxième, plus fréquente fait référence à la disparition des règles ou à un retard prolongé. Dans ce cas les causes peuvent être multiples : tumeur ou kyste de l’ovaire, pré-ménopause, carences alimentaires, suite à l’arrêt de la pilule et le plus fréquemment des causes psychologiques (hypophysaires) telles qu’un choc affectif, un changement de vie brutal, une prise ou perte de poids importante (anorexie par exemple).

Quelles solutions ?

Après avoir déterminé la cause de cette absence de règles, la naturopathie s’assurera, dans un premier temps, de l’équilibre alimentaire de la consultante. En effet, comme évoqué précédemment, une alimentation trop raffinée ou carencée peut être à l’origine de déséquilibres hormonaux.

Voici quelques éléments de réponse :

  • Les acides gras essentiels :
    Les acides gras essentiels, précurseurs des prostaglandines, sont justement « essentiels ». Et l’alimentation moderne a gravement déséquilibré leur apport. Trop de mauvaises graisses, trans, saturées, hydrogénées, dans les produits transformés qui forment nos repas. Les régimes minceurs aggravent les choses, voire les comportements anorexiques ou boulimiques.

Il faut utiliser et consommer peu de graisses mais des huiles et graisses saines, non raffinées, non hydrogénées. De l’huile de colza de première pression, olive éventuellement, accompagnée d’un peu d’huile de cameline, de noix ou de chanvre. Et en complémentation, on prendra en cas de déséquilibre hormonal, des capsules d’huile d’onagre de première pression. En cas de stress, on adjoindra des capsules d’huile riche en oméga-3 de poissons des mers froides.

Un apport d’huiles de qualité, équilibrées en acides gras essentiels, est le premier traitement.

  • Un apport en fer :
    La carence en fer est également à prendre en compte lors des problèmes de règles. Autant comme facteur responsable que comme conséquence de ces problèmes. Une carence en fer latente et souvent négligée déséquilibre par sous-oxygénation des tissus et fatigue chronique, tout l’organisme. D’autant que cette carence s’aggravera vite pour cause de règles abondantes et/ou fréquentes. On se doit de combler une carence en fer préventivement et curativement.

Avec des complexes de fer dosés physiologiquement, bien assimilés, que l’on peut prendre plusieurs mois sans problèmes.

  • Les plantes susceptibles de réguler l’activité hormonale :

Parmi les plantes susceptibles de réguler l’activité hormonale de la femme, on citera le gattilier, l’alchémille, l’achillée millefeuille et bien sûr la sauge. Ces plantes en tisanes ou en extraits peuvent aider l’organisme à se rééquilibrer. Elles ne correspondent en aucun cas à des hormones isolées. Elles n’en ont pas les effets désirés comme les effets indésirables. Lorsqu’on utilise l’ensemble de la plante, on évite les effets secondaires nocifs d’un composant isolé.

On commencera par préconiser de la sauge (en teinture-mère) puis du framboisier (macérat glycériné) pour normaliser le cycle et les éventuelles règles douloureuses. La posologie sera adaptée à chaque personne en fonction de son poids.

Véronique, votre naturopathe BiloBia Nice est l’auteur de cet article

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