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Par Marjorie Gobbini, diététicienne Bio BiloBia

Marjorie, diététicienne, vous donne des pistes à suivre pour une alimentation adaptée lorsqu’on est touché par le cancer, notamment le cancer du sein.

Cancer du sein et alimentation

Selon le réseau NACRe (Réseau National Alimentation Cancer Recherche), depuis 2004, les cancers sont la cause de décès la plus fréquente et ce malgré la mise au point de méthodes de diagnostic plus précoces et de traitements plus efficaces.

Il existe différents facteurs, certains qu’on ne peut maîtriser, tels que les chocs émotionnels, des changements radicaux de situations, la génétique, l’environnement, …

Il y a aussi les facteurs beaucoup plus maîtrisables, à la portée de tout un chacun, telle que l’alimentation, le domaine qui me concerne et dont je vais vous parler aujourd’hui. Une alimentation variée, avec peu ou pas de viande rouge, de charcuterie, qui nous permet d’éviter les graisses saturées, pas d’aliments raffinés, trop sucrés, trop salés aussi. Une alimentation qui doit être accompagnée d’une consommation d’alcool modérée, voir inexistante pour certaines personnes fragiles et d’une pratique régulière sportive.

A ces mots, je vois combien nous nous sommes éloignées d’un mode de vie que nous avions naturellement il y a 50, 60 ans… Mais aussi, que ces recommandations sont celles que j’ai pu déjà évoquer dans mes précédents articles…

Ce mois d’octobre, qui s’est fini en début de semaine, était rose. Il était consacré à la campagne de sensibilisation pour le cancer du sein, ce cancer qui touche autour de 13000 femmes chaque année, en France. Sandrine, dans son précédent article, vous en disait plus sur comment vivre sa vie de femme tout en ayant un cancer du sein. Nous allons ici nous pencher plus précisément sur ce cancer dans une approche alimentation.

Que devons-nous manger, comment cuisiner lorsque nous sommes atteintes d’un cancer du sein ? Comment agir au quotidien, pour éviter le  renforcement de cet état de maladie et si possible accompagner cette “mal-à-dit” à quitter notre corps ?

J’ai souvent entendu ces questions-là ! On ne sait plus trop quoi manger, on n’a pas très faim aussi parfois, surtout après les séances de chimio qui nous vident le corps, nous affaiblissent car attaquant notre foie…

“Que l’alimentation soit ton premier médicament” : cette citation d’Hippocrate prend encore plus son sens lorsqu’on est touché directement par un cancer du sein. Pour ce faire, il faut agir sur plusieurs leviers :

– qualité des aliments

– quantité des aliments

– la cuisine

– les fruits et légumes

– les acides omega

– les acides gras trans

– les sucres à index glycémique élevé

– activité sportive

QUALITE DES ALIMENTS

La première chose qui me semble importante, c’est la qualité des aliments. Je vous conseille de manger le plus bio possible car il serait dommage en plus de la maladie et des rayons que vous recevez en traitement, d’ajouter à votre corps des produits chimiques émanant de produits frais confectionnés en agriculture conventionnelle et/ou raisonnée !

QUANTITE DES ALIMENTS

Il est important de se nourrir hormis si vous n’en avez pas envie. Il existe de nombreuses expériences de jeûnes – comment jeûner ? ou de mono-diètes qui permettent d’accompagner et supporter bien plus aisément le traitement contre la maladie. Savez-vous par exemple que des études cliniques sur le jeûne en cancérologie sont actuellement en cours (non encore publiées), notamment au sein du centre Gustave Roussy, premier centre de lutte contre le cancer en Europe ? Certains patients y suivent un protocole de jeûne 24h avant puis 24h après tout traitement de chimiothérapie. Ce jeûne permettrait de mieux supporter cette chimiothérapie en réduisant certains effets indésirables.

N’hésitez pas à consulter le rapport suivant de l’INSERM (janvier 2014) pour plus d’informations : Le jeûne à visée préventive ou thérapeutique

Par contre, il est important d’éviter de trop manger. En effet, plus nous mangeons et plus la machine qu’est notre corps va devoir user d’énergie pour digérer les aliments ingérés, énergie qui manquera à l’organisme pour lutter contre la maladie, pour régénérer vos cellules. Donc mangez si le cœur vous en dit mais avec modération.

LA CUISINE

Cuisinez en cuisant le moins possible, découpez vos légumes assez finement pour les faire sauter juste quelques minutes, ce qui va concentrer les goûts ainsi que les vitamines et minéraux qu’ils contiennent. Utilisez l’huile de coco et non l’huile d’olive, comme nous faisons depuis longtemps, pour sauter vos ingrédients. En effet, cette huile composée, certes de gras saturé, est composée d’acide laurique en très grande quantité (acide gras présent dans le lait maternel), ce qui lui confère la capacité de faire diminuer le taux de mauvais cholestérol et ne se stocke pas dans le corps car il est  brûlé très rapidement par nos tissus.

Optez pour la cuisson vapeur, à l’aide d’un simple panier bambou posé au-dessus d’une casserole contenant un peu d’eau frémissante. Ou bien la cuisson à l’étouffée qui permettra aussi de conserver vitamines et minéraux.

LES FRUITS ET LEGUMES

Je vous conseille de favoriser en premier lieu les fruits et légumes qui vont vous apporter vitamines et minéraux, essentiels à la reconstitution de vos cellules endommagées. Si vous en avez envie, nhésitez à prévoir une cuisine crue et vivante, votre corps profitera ainsi de l’énergie brute et pure de l’aliment. Faites-vous des jus de légumes, de fruits (en respectant un minimum de 2/3 de légumes et 1/3 de fruits ou le mieux le tout légumes). Pour le cancer du sein, on parle des bienfaits des crucifères (toute la famille des choux), alors n’hésitez pas à vous faire du chou rapidement sauté, ou même cru, mariné en salade avec huile d’olive, un peu de vinaigre balsamique et du gingembre frais, succulent !

LES ACIDES OMEGA

Les acides omégas font partie des acides gras insaturés dit essentiels car notre corps en a besoin au quotidien. Une étude de l’Inserm montre que les acides gras oméga-6 sont plus présents dans le tissu adipeux des femmes atteintes d’un cancer du sein alors que les acides gras oméga-3 sont plus faibles. Ainsi, favorisez dans votre alimentation toutes les sources d’oméga-3 que vous pouvez trouver dans :

– Les poissons dits gras (à peau bleutée) à consommer régulièrement, au minimum deux fois par semaine : maquereau, saumon, hareng, sardine, thon blanc…,
– Le foie de morue (à consommer en toast sur un morceau de pain),
– Les crustacés et fruits de mer, à consommer une fois par semaine,
– L’huile de colza,
– Les graines de lin,
– Les jeunes pousses : mâche, pourpier, épinard. A mettre au menu trois fois par semaine,
– Les oléagineux : noix de Grenoble, amandes, graines de courge, etc. Consommer une petite poignée chaque jour,
– Les œufs riches en oméga-3 (privilégiez les œufs fermiers car pondus par des poules élevées en plein air ayant bénéficié d’une alimentation riche en herbe fraîche qui est naturellement riche en oméga-3).
– Le germe de blé.

Evitez/diminuez la consommation d’oméga-6, en ôtant de votre quotidien :

– les huiles de tournesol et d’arachide,
– Les huiles de pépins de raisin, de maïs, de carthame, de bourrache, d’onagre, de palme…
– Les graines de tournesol, les graines de sésame,
– La margarine de tournesol,
– Les viandes,
– La plupart des produits industriels, qui en contiennent une quantité importante. Lisez les étiquettes pour éviter les produits qui contiennent de l’huile de tournesol, de maïs, d’arachide, de palme, etc.

En pratique, pour limiter vos apports en oméga-6, évitez les produits industriels et privilégiez les préparations maison. Remplacez vos huiles de tournesol et d’arachide par de l’huile de colza et de l’huile d’olive (que l’on considère comme neutre).

LES ACIDES GRAS TRANS

Il existe deux types d’acides gras trans. Les premiers sont naturels et proviennent de la transformation bactérienne d’acides gras insaturés des ruminants que l’on retrouve dans les produits laitiers (lait, beurre, fromage, crème) et dans la graisse des viandes. Et on retrouve les seconds suite aux procédés d’hydrogénation et de désodorisation des huiles végétales insaturées de l’industrie agro-alimentaire (procédé qui permet de rendre les huiles plus solides à froid et plus facile à utiliser dans les viennoiseries, biscuits…). On peut aussi les retrouver dans les huiles de friture.

Ces acides gras trans sont mis en cause dans les maladies cardio-vasculaire car ils participent à l’obturation des canaux sanguins mais aussi dans les cas d’obésité, le diabète, les inflammations chroniques… C’est pourquoi il est important lors d’un cancer de les éviter et de les consommer avec modération lorsqu’on est en bonne santé.

LES SUCRES A INDEX GLYCEMIQUE ELEVE

Toujours selon l’étude de l’Inserm, une alimentation riche en sucre à index glycémique élevé favoriserait la croissance tumorale car les cellules cancéreuses seraient très dépendantes du glucose. Cela signifie que vous devez ôter tous les produits sucrés, surtout industriels et les produits ayant subis un raffinage (farine blanche, sucre blanc, gâteaux industriels voir même tous les gâteaux car bien souvent les boulangeries-pâtisseries utilisent des farines très raffinées et mêmes enrichies en gluten !).

ACTIVITE SPORTIVE

Comme nous l’avons évoqué plus haut, concernant les cancers en général, il est important d’associer à cette alimentation-là, une activité sportive. Inutile de courir un marathon ! Mais une simple marche digestive, quotidienne vous permettra d’éliminer quelques toxines, de favoriser la circulation du sang et le bon fonctionnement de vos organes.

Finalement, les recommandations alimentaires décrites ici sont les mêmes que celles conseillées lors des précédents articles où l’idée est d’éviter les produits raffinés industriels, les viandes et charcuteries, l’alcool, de modérer sa consommation de produits laitiers et d’avoir une activité physique régulière. Encore une fois, que vous soyez malade ou non, gardez en tête que l’important est la modération et l’équilibre, pour rechercher in fine le plaisir alimentaire et le plaisir de manger, ce plaisir emmenant alors des bienfaits diététiques sur votre corps et votre esprit pour votre propre bonheur intérieur. L’alimentation est en effet étroitement liée à votre personne dans sa globalité (votre corps, votre esprit). Se faire du bien avant tout… Faites-vous du bien ! Finalement, on retrouve ici la définition même de la naturopathie : votre santé et votre bien-être grâce des moyens naturels (l’alimentation, l’activité physique, l’émotion) dans une approche personnalisée et holistique de votre personne (votre corps, votre esprit, votre âme comme un TOUT unique).

Si vous souhaitez poursuivre cette recherche d’informations sur alimentation et cancer du sein, nous vous conseillons de découvrir les sites de ces 3 médecins – Professeurs en médecine (dont 2 Oncologues) :

– Professeur Joyeux : https://professeur-joyeux.com

– Docteur Jean Seignalet : http://www.seignalet.fr

– Professeur David Khayat : http://www.davidkhayat.fr

Marjorie, diététicienne Bio BiloBia est l’auteur de cet article

Coach diététicienne. Sans gluten, sans lactose. Cuisine saine et bio. Végétarien. Marjorie Gobbini