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Par Véronique Boudarène, votre naturopathe BiloBia Nice

Syndrôme prémenstruel : soulagez naturellement les douleurs et l’inconfort liés aux règles. Quelques pistes par votre naturopathe, Véronique.

Les douleurs et l’inconfort liés aux règles : les soulager naturellement

Les multiples signes désagréables qu’une femme peut ressentir à l’approche des règles ou lors de l’ovulation semblent ne rien avoir en commun. Regroupés sous le nom de « Syndrome prémenstruel »(SPM), ils peuvent être très divers : changements subits d’humeur, envie de sucre, troubles du sommeil, manifestations congestives (seins tendus et sensibles), ballonnements, constipation (éventuellement poussée hémorroïdaire), rétention d’eau, prise de poids, maux de tête, nausées, vomissements, acné, etc…

Néanmoins, ces signes ont le point commun d’être tous liés à une hypersensibilisation aux hormones sexuelles, une sorte « d’auto-intoxication », à un déséquilibre hormonal mais ce mécanisme complexe n’est pas encore entièrement élucidé. La folliculine, ou hormone oestrogénique sécrétée par l’ovaire, est responsable de la prolifération de la muqueuse utérine avant l’ovulation, elle provoque également l’apparition des caractères sexuels secondaires féminins. Dans ce cas, il y a hyperfolliculinie et donc hyperoestrogénie.

Deux explications possibles : soit cette hyper sécrétion est due à une erreur de la FSH (hormone) sécrétée par l’hypophyse, soit elle est le résultat d’une insuffisance progestative.

Un autre facteur intervient, le fonctionnement du foie. En effet, chargé de dégrader ces hormones, le foie se fatigue, dégrade moins d’hormones et d’autres déchets. Ainsi, la femme se congestionne avec ses propres hormones…

Par ailleurs, il apparait évident que l’utilisation intempestive d’hormones dans l’industrie alimentaire et dans l’environnement ait aussi un rôle dans cette hyperoestrogénie. C’est bien l’excès d’oestrogènes qui entraine les dérangements gastro-intestinaux, la rétention d’eau et la stimulation excessive des tissus oestro-sensitifs tels que la muqueuse utérine et les seins.

QUELLES SOLUTIONS NATURELLES ?

Une des premières choses à faire pour mieux supporter cette période qui précède les règles est d’avoir conscience du phénomène, ce qui permet de prendre de la distance et de mieux gérer les émotions ou leurs conséquences. Se dire qu’on est dans un état connu, passager et qui finira bientôt permet de combattre des effets comme l’irritabilité ou la dépression. Il ne faut pas se laisser déborder par ce qu’on ressent…

En un mot, le meilleur moyen de moins souffrir, c’est d’être conscient de ce qu’il se passe. Cela n’empêche pas de tenter de se soulager, et pour cela, les moyens sont multiples.

=> Rééquilibrer le système hormonal sans hormones :

Les plantes « hormone-like » (qui miment les effets des hormones), peuvent être proposées.

Karen Vago, auteur de Vaincre le syndrome prémenstruel, nutritionniste, recommande l’utilisation d’une plante utilisée en médecine chinoise depuis des millénaires pour traiter les problèmes féminins liés au cycle menstruel : le Dong Quai ou Angélique chinoise, riche en phytoestrogènes, détend les muscles de l’utérus et du bas-ventre et soulage les douleurs abdominales. Elle recommande, en outre, de suivre impérativement la posologie indiquée car pour les personnes souffrant de règles abondantes ou de fibromes, le Dong Quai n’est pas recommandé. On trouve cette plante sous forme de complément alimentaire.

Le gattilier, par une action régulatrice au niveau de l’hypophyse, l’alchémille ou l’achillée mille-feuilles, sont des plantes qui vont venir augmenter relativement le taux de progestérone dans le corps. Le gattilier est particulièrement connu pour ses vertus pour le traitement du syndrome prémenstruel. Il s’agit d’un arbuste méditerranéen (Vitex agnus castus) appelé Poivre des Moines. Depuis l’Antiquité, cet extrait de plante a été utilisé pour ses propriétés anti-oestrogènes et anti androgènes. Les chercheurs ont comparé sur 170 femmes son effet à un placebo pour soulager les symptômes du syndrome prémenstruel. Résultats : plus de la moitié des femmes (52 %) ayant pris l’extrait de plante ont constaté un soulagement de leurs symptômes avec peu d’effets indésirables. En comparaison, seulement 24 % des femmes sous placebo ont rapporté une amélioration de leur état.

L’huile d’onagre est également intéressante dans le cas du SPM. En effet, l’onagre contient de l’acide gamma-linoléique, précurseur des prostaglandines, qui sont des substances qui régulent certaines fonctions hormonales, protègent la membrane cellulaire et ont une activité anti inflammatoires. Tout en rétablissant l’équilibre hormonal, l’onagre agirait contre la douleur, elle réduirait la tension mammaire, les migraines, les troubles de l’humeur et les ballonnements. Il est recommandé de prendre les capsules d’huile d’onagre sur la deuxième partie du cycle.

Pour soulager les douleurs au bas du ventre et du dos, une combinaison de plusieurs huiles essentielles en massage peut permettre d’agir sur cette zone féminine très sensible. Le basilic calme les spasmes de l’utérus. Le lentisque pistachier décongestionne les systèmes veineux et lymphatique. Le géranium amène un effet antalgique et anti-inflammatoire.

=> Adapter l’alimentation :

Mettre en place une alimentation adaptée est essentiel pour ne pas aggraver les symptômes déjà favorisés par le bouleversement hormonal. Les graisses saturées sont à limiter car elles augmentent le phénomène d’inflammation. Or, dans le syndrome prémenstruel, le déséquilibre hormonal engendre un gonflement des tissus et ce gonflement favorise l’inflammation (d’où les douleurs).

Aliments frits, graisses animales, produits laitiers sont donc à éviter. Il faut favoriser au contraire une alimentation à base de fruits, de légumes et de graisses polyinsaturées comme l’huile de bourrache ou l’huile d’onagre, le chanvre et le lin, riches en Oméga 3 et 6.

Les omégas 3 d’origine végétale (huile colza, de noix, graines de lin) sont eux bénéfiques pour soulager les seins douloureux. Les sucres rapides, à indice glycémique haut, sont aussi déconseillés. Leur consommation favorise l’hypoglycémie réactionnelle, dont certains symptômes sont similaires à ceux du syndrome prémenstruel.

On veillera également à diminuer le sel qui favorise la fixation de l’eau dans les tissus (seins gonflés, ballonnements) et à augmenter le potassium. En effet, le potassium est tonicardiaque, tonique musculaire, stimule les mouvements intestinaux et joue également un rôle dans l’équilibre de l’eau dans le corps. Le potassium se trouve dans : le riz, le blé, la pomme de terre, le raisin, la banane, la poire, la datte, le choux, la noisette, l’amande, le pollen. Il intéressant également d’augmenter les apports en vitamines B6, A ainsi qu’en magnésium et calcium.

Véronique, votre naturopathe BiloBia Nice est l’auteur de cet article

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