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Par le Dr Jean-Jacques Charbonier
Offert dans le cadre de la sortie du N°03 de Santé Naturo et de son article sur la TCH, chronique N°01 en accès libre.  

Quelles chirurgies peut-on faire sous hypnose
et comment cela se passe en pratique ?
Comment ça marche ?

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Découvrez le précédent article de Jean-Jacques Charbonier : la Trans-Communication Hypnotique

Hypnose médicale

Quelles chirurgies peut-on faire sous hypnose ?

Les indications de l’hypnose progressent rapidement. Si cette technique était autrefois réservée à des petits actes opératoires de courte durée, elle est aujourd’hui utilisée pour des gestes beaucoup plus lourds tels que la chirurgie du cancer de la prostate ou celles de la reconstruction mammaire. D’autres chirurgies sont plus facilement réalisées sous hypnose : opération de la cataracte, des varices ou de la thyroïde. En fait les limites des indications opératoires ne peuvent être fixées que par les praticiens qui l’utilisent. En fonction de leur disponibilité et de leur expérience, eux seuls pourront déterminer les options à offrir à leurs patients.

L’hypnose est un travail d’équipe qui exige la participation de tous les acteurs d’une chirurgie : l’anesthésiste, le patient, le chirurgien, l’aide opératoire, l’instrumentiste et l’ensemble du personnel présent en salle.

L’hypnose est un travail d’équipe qui exige la participation de tous les acteurs d’une chirurgie donnée : celle de l’anesthésiste et de son patient bien sûr, mais aussi celle de toute l’équipe opératoire au complet : le chirurgien, l’aide opératoire, l’instrumentiste et l’ensemble du personnel présent en salle. L’anesthésiste qui pratique l’hypnose pourra être amené à régler en coopération avec le chirurgien les différents temps opératoires en fonction des réactions de son patient. Autant dire que sans une motivation forte de tous les intervenants, une chirurgie sous hypnose est tout simplement impossible à réaliser. Si un patient souhaite se faire opérer sous hypnose, il doit en faire la demande auprès de l’anesthésiste qui l’aura pris en charge. Lui seul pourra le renseigner sur cette possibilité. Il faut cependant savoir que la majorité des anesthésistes ignorent cette discipline qui reste encore malheureusement trop marginale car non enseignée dans le cursus de cette spécialité.

L’hypnose, comment ça se passe en pratique chirurgicale ?

jean-jacques-charbonier-anesthesiste-reanimateurMis à part la démence ou la surdité profonde, il n’existe aucune contre indication à cette technique anesthésique. L’information relative à l’hypnose est délivrée lors de la consultation d’anesthésie, au moins 48 heures avant une intervention programmée, plaçant l’outil hypnotique comme une alternative possible à une anesthésie plus conventionnelle. Il y aura de toute façon une perfusion de produit neutre branchée au bras de l’opéré pendant toute la durée de l’hypnose permettant d’injecter si nécessaire un produit en intraveineux pour passer dans les meilleurs délais en anesthésie générale. Durant la consultation préopératoire, l’anesthésiste doit s’assurer de la motivation du patient et de sa coopération. Les étapes du processus hypnotique sont clairement évoquées et mises en parallèle avec les différents temps de l’intervention. La mise en place d’un code d’inconfort ou de douleur est définie, entre le patient et le praticien. Il permet de rassurer le futur opéré sur la continuité de la relation particulière établie avec l’anesthésiste lors de l’intervention. Bien entendu, les mesures de qualité et de sécurité sont les mêmes que celles de toute anesthésie générale (jeûne préopératoire, surveillance des paramètres respiratoires et hémodynamiques).

En introduisant l’hypnose en chirurgie, les médecins anesthésistes ont prouvé l’efficacité de cette technique écologique.

En introduisant l’hypnose dans les blocs chirurgicaux pour permettre à des patients d’être opérés sans leur administrer le moindre produit chimique dans leurs veines ou un quelconque gaz sédatif dans leurs bronches, les médecins anesthésistes ont prouvé l’efficacité de cette technique “écologique” et ont permis de lui redonner ses lettres de noblesse. Car ici les effets produits sont incontestables et on ne peut les attribuer à de la magie ou à de la sorcellerie ; des personnes en état de conscience modifiée sont en mesure de supporter sans peine la douleur induite par la lame du bistouri du chirurgien qui les opère. Mieux encore, ils ne ressentent aucune douleur ! Alors, comment de telles prouesses sont-elles possibles ?

hypnose

L’hypnose, comment ça marche ?

Si on mesurait notre activité électrique corticale cérébrale à l’aide d’un électroencéphalogramme (EEG) lorsque j’écris ces lignes ou lorsque vous les lisez, elle serait chez vous et moi aux environs de 21 Hertz. Si mon texte devenait trop compliqué et que vous deviez fournir un effort supplémentaire pour essayer de le comprendre, vous seriez en pleine concentration et votre EEG afficherait des valeurs supérieures à 30 ou 40 Hertz. Puis, ne pigeant toujours rien à mon texte et pris d’une profonde lassitude, vous finiriez par vous endormir. Votre EEG afficherait alors des valeurs situées en-dessous de 4 Hertz.

L’hypnose, obtenue par des méthodes de relaxation et de respiration, est une zone d’activité corticale cérébrale située entre 10 et 4 Hertz.

L’hypnose consiste à amener le sujet dans une zone d’activité corticale cérébrale intermédiaire située entre 10 et 4 Hertz. C’est une zone très particulière qui permet d’intégrer les consignes suggérées par l’hypnotiseur comme étant des pensées authentiques. On pourra ainsi suggérer à la personne hypnotisée qu’elle fait un beau voyage ou qu’elle peint une aquarelle s’il s’agit de son passe-temps favori. Pris dans cette suggestion, la conscience analytique cérébrale (CAC) est coupée et les perceptions sensorielles deviennent de ce fait inexistantes, y compris les stimulations douloureuses qui ne peuvent plus être analysées. L’abaissement de l’activité cérébrale corticale est réalisé par des méthodes de relaxation et de respiration adaptées. La suggestion devra se faire avec une voix calme et monocorde. Les consignes pourront être données par une série de phrases rythmées et répétés comme le refrain d’une chanson douce. Le retour à une conscience normale en fin d’opération pourra s’effectuer par un compte à rebours de 1 à 5 qui correspond à 5 phases d’éveil progressif. C’est personnellement la méthode que j’utilise dans mes ateliers d’hypnose. Je présenterai les résultats stupéfiants de ces ateliers dans le prochain numéro d’été de Santé Naturo.

Mesures de l'activité électrique cérébrale corticale, réalisées à l'aide d'un EEG

Mesures de l’activité électrique cérébrale corticale, à l’aide d’un électroencéphalogramme (EEG)

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Le Dr Jean-Jacques Charbonier est l’auteur de cette chronique

Jean Jacques Charbonier