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Par Marjorie Gobbini

Comment s’y prendre et par où commencer ?
Quels aliments pour quels circuits d’approvisionnement ?
Quelles règles alimentaires et diététiques ?

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“Alors voilà ! J’ai décidé d’avoir une bonne hygiène de vie, de prendre soin de moi et de ce qui m’entoure. J’ai envie de bien manger, de me mettre en mode cuisine saine et responsable. Mais au fait, comment je m’y prends ? “

(Re)lisez notre précédent article : les bienfaits de l’océan

Alimentation saine et responsable, mode d’emploi du débutant !

Alimentation saine et responsable, par où commencer ?

Voilà en résumé les réflexions et questions dont on peut me faire part en tant que Chef de cuisine bio… Ce n’est pas facile de changer nos habitudes de vie et d’aller au-delà de notre zone de confort. Cela demande du temps afin d’assimiler les choses correctement, sereinement. Cela demande d’y aller progressivement afin d’éviter une trop brutale transformation de notre quotidien, de verser dans le radicalisme et/ou l’extrémisme. Ce radicalisme que l’on rencontre parfois et qui nous fait adopter une démarche totalement à l’opposé de ce que l’on connait jusqu’alors. Cette position génère malheureusement de la frustration, de la privation, de la restriction. Ce qui a l’effet inverse : faire fuir les gens qui commencent à s’intéresser à ces modes de vie ! La mode du « sans », notamment, vous coupent des plaisirs de la vie. Tout est une question d’équilibre, de juste milieu et de bon dosage. De bon sens, de mesure et d’expérimentation. La vie, c’est avant tout les petits plaisirs du quotidien, être dans le jeu et dans un bonheur intérieur. L’alimentation fait partie de ces petits plaisirs du quotidien, le plaisir de manger. Pour débuter une bonne alimentation saine et responsable, il ne vous reste donc plus que la recette mixant un zeste de saveurs des palais à une cuisine healthy, éthique et environnementale !

A la cantine Bio de l’école Calendreta où sont servis chaque jour 130 à 140 couverts, le coût d’achat d’un repas par enfant, entrée – plat – dessert, c’est 1,75 €

(Re)lisez l’interview de Marjorie Gobbini : le changement d’une cantine scolaire conventionnelle en Bio ou retrouvez la vidéo

Comment passe-t-on donc à une autre alimentation, plus proche de nos aspirations profondes, de notre envie d’agir avec sens, de ce souhait sincère de prendre soin de son corps et de notre environnement ?

Je tenterai en premier lieu de définir ce qu’est une alimentation saine et responsable. Nous pourrons voir combien il est important d’agir avec douceur, d’être connecté à soi afin d’adopter une alimentation qui nous convient. Je ferai ensuite un tour d’horizon des différents types de circuits courts qui existent pour se fournir en bons fruits et légumes et autres denrées naturelles et éthiques. Je finirai par vous (re)communiquer mes précédents articles sur les grands équilibres alimentaires et diététiques que sont les glucides, les lipides, les protéines.

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Alimentation saine et responsable, qu’est-ce que c’est ?

Dans les magazines spécialisés (alimentation bio, diététique, …), on lit souvent cette citation : “Tu es ce que tu manges”. Profonde justesse dans la simplicité de cette assertion : la nourriture est l’essence même de ce que nous sommes.  Si nous nous penchons sur notre société d’aujourd’hui, on peut rapidement s’apercevoir de la corrélation plus que serrée entre cette place démesurée qu’a pris dans nos assiettes l’industrie agro-alimentaire et le mal être physique et psychologique de l’individu…  On mange mal et on est mal…

Qu’entends-t-on alors par alimentation saine et responsable ?

Lui donner une définition ficelée enfermerait celle-ci dans un cadre figé, lui donnant l’impossibilité d’évoluer mais surtout, qu’elle vous appartienne. Ceci posé, vous pouvez ainsi prendre la mesure de l’ajustabilité de ce type d’alimentation à vos propres désirs et envies, vos besoins, vos capacités, vos freins…

Manger sain et responsable correspond finalement plus à une manière d’être en général. On pourrait le définir comme une démarche pour se faire du bien à soi, dans le respect de ce qui nous entoure. Ce qui comprend l’achat de denrées de qualité par le biais des circuits courts (que nous aborderons par la suite), la confection d’une cuisine respectueuse de cette qualité (suivant quelques règles simples de diététiques, abordées dans les différents articles précédents) ainsi qu’une attention accrue à l’anti-gaspillage.

alimentation-saine-et-responsable-mode-d-emploi-du-debutant

Passage en douceur

Allez hop, c’est parti, on change d’alimentation ! Première chose essentielle : évitez d’aller trop vite en besogne ! En effet, n’oublions pas que nos habitudes alimentaires correspondent à des années de construction. Tout ceci en lien avec la culture du pays et de la région dans lesquels nous avons grandi et de la culture familiale à laquelle nous appartenons…

L’idée est de ne pas mettre de côté ces habitudes-là mais plutôt d’adapter petit à petit votre ancienne alimentation à celle pour laquelle vous aspirez aujourd’hui. Sachez qu’il n’y a pas une alimentation saine, il en existe une multiplicité. A vous d’inventer la vôtre !

De manière concrète, remplacer vos habitudes tout doucement, en commençant par réfléchir à vos achats courants (est-ce par habitude, par goût, par simplicité ?…). Posez vous des questions sur l’impact de votre alimentation (viande, poisson, végétarien, provenance…). Gardez en tête, comme je l’ai souvent dit dans mes ateliers de cuisine, que vos achats sont des actes politiques ! En effet, grandiront les lieux et/ou les personnes à qui vous donnerez votre argent !

Quelques exemples concrets pour bien démarrer :

  • Allez au marché plus qu’au supermarché. Au fil du temps vous verrez que vous n’aurez plus besoin ou quasi plus besoin de vous y rendre !
  • Intéressez-vous aux produits locaux et aux producteurs qui se trouvent près de chez vous. Rencontrez-les dans les foires bio, lors de manifestations ou lors de temps sur lesquels ils ouvrent leurs portes. Ainsi vous ferez leur connaissance mais vous prendrez aussi la mesure des diverses démarches existantes et participerez à la biodiversité.
  • Faites travailler les petits commerçants (si possible éthiques) de votre quartier, de votre village. C’est un bon moyen de faire reculer, avec le temps, l’empire des supermarchés tout en préservant une vie de village et de quartier qu’on apprécie tant !
  • Remplacez petit à petit vos denrées par d’autres qui vous semblent plus éthiques (plus de protéines végétales pour minimiser la consommation de produits carnés, …).
  • Optez pour une cuisine plus riches en fruits et légumes crus, cuits tout en les respectant à la cuisson Retrouvez notre article sur la cuisine crue.
  • Préférez les matières brutes ainsi que les produits frais et de saison plutôt que ceux raffinés, transformés, préparés, industrialisés, …
  • (Re)Prenez plaisir à faire la cuisine ! Tentez de la considérer comme un jeu ludique créatif, comme un temps pour vous ou de partage en famille/entre ami(e)s.
  • Privilégiez une alimentation biologique ou raisonnée (du moment que l’alimentation raisonnée est locale et respecte l’éthique et l’environnement), tout en établissant des menus équilibrés et variés.
  • Envisagez la chrononutrition afin de vous alimenter au bon moment de la journée et ainsi respecter votre rythme biologique interne. Retrouvez notre article sur la chrononutrition.

Se fournir en circuits courts

Comme je l’ai précisé précédemment, manger sain et responsable correspond à une manière d’être en général. Une démarche pour se faire du bien à soi, dans le respect de ce qui nous entoure. Cela commence par l’achat de denrées de qualité par le biais des circuits courts.

Lorsqu’on fait le choix d’acheter des produits de qualité, sains et provenant d’une vraie démarche, on ne sait pas vraiment où se fournir. Sachez que nos villes et villages sont tout de même bien achalandés et plusieurs possibilités s’offrent à vous.

Les ventes directes :

  • Les marchés de plein vent hebdomadaires (vous pouvez trouver la liste auprès de votre mairie ou simplement sur le net. Les marchés bios y sont signalés).
  • Les producteurs, Vente à la ferme, Cueillette libre (prix réduit grâce à vos efforts !).
  • Les AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne), depuis maintenant 17 ans, vous permettent d’acheter un panier de fruits et légumes hebdomadaire (agrémenté de plus en plus souvent par du pain, des œufs, du miel, des boissons…) contre une contribution financière annuelle auprès du producteur. Un engagement par lequel vous permettez le soutien, le maintien et le développement d’une agriculture bio, locale et solidaire.
  • Les supermarchés coopératifs et participatifs tels que La Chouette Coop à Toulouse, La Cagette à Montpellier (…). Ces lieux sont créés sur un modèle scoop où chaque personne détient des parts sociales et représente une voix dans les décisions. Tout cela en étant bénévole, quelques heures par mois, pour faire tourner le supermarché. L’économie réalisée grâce au bénévolat permet de faire baisser les prix. L’idée ici est de se réapproprier l’acte d’achat, en étant plus affûté sur nos choix de consommation alimentaire.
  • Les groupements d’achats sont à l’origine l’énergie d’ami(e)s ou voisin(e)s qui se regroupent pour acheter en grosses quantités des denrées (très souvent locales et bio). Cela permet de profiter de tarifs bas tout en se retrouvant pour une distribution conviviale.

Les ventes avec intermédiaire :

  • “La ruche qui dit oui” propose de mettre en relation producteurs et consommateurs. Il suffit de vous inscrire dans la ruche la plus proche de chez vous et commander, via une plate forme, tous types de denrées alimentaires. Vous serez livré(e)s dans un lieu de votre quartier, souvent de 17h à 19h (petit bémol qui représente parfois un frein pour certain(e)s consommateurs(trices)). Ce système permet aussi de participer à l’économie locale et de recréer du lien social dans vos quartiers.
  • Les magasins de producteurs, qui sont eux aussi de plus en plus présents dans la place, sont des boutiques tenues par les producteurs eux-mêmes qui effectuent un roulement dans la gestion du lieu.
  • Les magasins spécialisés en alimentation tels que Biocoop, La vie Claire, Bio C’Bon, … On ne les présente plus ! Ils commencent à être en très grand nombre. On peut y trouver de bons produits bio, locaux mais le commerce a parfois son revers : certains produits proviennent de l’autre bout du globe, les saisons ne sont que peu voire plus du tout respectées, … La loi de l’offre et de la demande a parfois (souvent) pris le dessus.

Les grands équilibres alimentaires et diététiques

Je vous invite pour ce chapitre à (re)lire mes précédents articles sur les grandes lignes nutritionnelles visant à respecter une alimentation équilibrée et variée :

Mais aussi certains autres articles en lien :

Ces derniers constats visant à tendre vers une alimentation équilibrée tout autant qu’à se fournir en circuits courts permettent de prendre conscience de l’attention que nous devons porter à ce que nous achetons et où nous l’achetons. Une attention qui est aussi intéressante à avoir sur tous les aspects commerciaux de notre vie (achats de vêtements, cosmétiques, jouets, matériaux…). On voit donc combien cette démarche correspond à une manière de vivre et de penser globalement.

Nous revenons aux conclusions régulières que je peux émettre dans un certain nombre de mes articles, à savoir qu’il est difficile de changer une seule chose dans notre façon de vivre. Tout est en lien, intrinsèquement connecté.

Etre sur le chemin d’une alimentation saine et responsable, au fil du temps, c’est être plus conscient de notre façon d’agir, de faire, d’être. Ce qui très certainement mène à un autre regard sur la Vie !

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Marjorie Gobbini est l’auteur de cet article