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Par Marjorie Gobbini

Qu’est-ce que l’Ayurvéda ?
Quelle particularité durant la saison d’hiver ?
Quelle alimentation bannir et laquelle privilégier ?
Découvrez une recette de velouté.

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L’hiver a mis du temps cette année à arriver. Mais on peut à présent sentir combien il s’est enfin installé !…

Période difficile pour certains, symbole de cocooning pour d’autres, la saison hivernale doit être abordée, comme tout changement de saison, avec intérêt. Les variations de température et de climat perturbent en effet notre organisme. Il est donc primordial d’accompagner ce dernier à passer l’hiver en toute sérénité. Dans le cas contraire, nous nous exposons à de possibles déséquilibres qui peuvent mener à bien des maux.

Cela reflète le point de vue de l’Ayurvéda. Nous allons justement, dans un premier temps, aborder cette vision avec plus de profondeur. Nous verrons ensuite ce que cette approche préconise en terme d’alimentation afin que nous puissions passer l’hiver en paix ! Pour finir, je vous donnerai une recette d’un velouté tout doux qui va vous réchauffer, corps et coeur !

L’alimentation ayurvédique en hiver

Les maux en Ayurvéda

L’Ayurvéda, médecine traditionnelle indienne, considère l’être humain tel un microcosme de l’Univers. Nous sommes donc composés, comme l’Univers, des 5 éléments (Air/Ether/Feu/Eau/Terre). Chacun de nous est constitué de ces différents éléments en proportion unique, permettant la formation  d’un équilibre harmonieux, appelé Prakriti (qui signifie ordre naturel).

Afin d’avoir plus de précisions concernant les différentes constitutions veuillez vous référer à mon article d’octobre 2017, sur l’Ayurvéda, la naturopathie et l’alimentation.

Il existe 3 doshas (énergie vitale ou humeur) qui combinent un ou plusieurs de ces 5 éléments. Ces doshas sont appelés Vata (Air et Ether), Pita (Feu et Eau) et Kapha (Eau et Terre). L’augmentation ou la diminution d’un de ces éléments crée un ou plusieurs déséquilibres dans le corps, appelé Vikriti, état menant aux maux.

Cette médecine propose, contrairement à beaucoup d’autres, de traiter la personne et non la maladie. Ce sont les énergies émotionnelles, spirituelles et affectives de la personne qui sont utilisées. Ces énergies visent à rééquilibrer le(s) dysfonctionnement(s), empêchant ainsi l’enracinement des maux.

Les maux sont considérés comme la conséquence des mouvements du corps et de l’esprit, étant à la recherche d’un équilibre. Les premiers symptômes légers, tels que maux de têtes ou douleurs diverses, sont le signe d’un dérèglement et qu’une affection va s’installer. Cette dernière ne peut s’ancrer que sur un terrain affaibli. Pour éviter cela et afin de fortifier le terrain avec une nourriture pure, équilibrée et adaptée à notre constitution et aux saisons, l’Ayurvéda préconise une alimentation appropriée.

Cet ajustement peut être effectué en fonction des déséquilibres éprouvés. Cette médecine peut aussi et surtout agir en prévention, en anticipant sur les cycles des saisons ainsi que sur les changements divers et variés (déménagement, changement de travail, opération chirurgicale, etc…).

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L’hiver, ou le changement de saison

Du 1er janvier au 15 avril, on est dans une saison froide et humide, l’hiver. Cette période est contrôlée par le dosha Kapha, qu’il va falloir tenter d’apaiser. L’accentuation par le biais du climat de notre Kapha ne signifie pas que nous devions l’éliminer ou le faire diminuer. Il est plus juste de parler de “dompter” notre Kapha tout en utilisant la force d’enracinement qu’il nous propose. Profitons de ce besoin de cocooning ressenti en cette saison pour prendre soin de soi, se poser tranquillement, profiter, s’occuper de notre intérieur dans tous les sens du terme, sans toutefois se laisser aller à la léthargie, les siestes à rallonge, parfois même la déprime…

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Que faire côté alimentation ayurvédique ?

Afin d’éviter les déséquilibres liés aux changements climatiques et saisonniers, l’Ayurvéda propose, comme nous l’avons vu, de suivre un régime adapté à ces modifications extérieures. Ainsi, il est préconisé d’opter pour une alimentation Kapha.

Bien entendu, chaque constitution doit veiller aux “dérapages” possibles en lien avec son Prakriti. L’Ayurvéda nous enseigne que les personnes de nature vata et/ou kapha sont moins tolérantes au froid. Celui-ci gagne surtout les individus Vata lorsqu’ils épuisent leur énergie vitale, plus fragile. Les individus Kapha, quant à eux, souffrent davantage d’une circulation appauvrie. Pour maintenir une bonne énergie vitale et donc une bonne immunité, il faut en premier lieu consommer une nourriture de qualité, concentrée en nutriments, et biologique.

L’alimentation qui semble alors la plus adaptée reste logiquement basée sur des ingrédients qui vont permettre de maintenir, voir de booster selon notre constitution, notre feu digestif. Appelé Agni, il permet à notre métabolisme de jouer son rôle dans son entièreté, nous prémunissant ainsi de ces changements.

Plus les plats seront relevés de saveurs prononcées, plus le métabolisme sera activé. A l’inverse, trop de nourriture douce et calorique aura tendance à le ralentir, nous exposant au développement et à l’accumulation des toxines, provoquant ainsi l’apparition des mucosités et autres maux.

L’alimentation va être le principal biais par lequel vous allez pouvoir agir en prévention. Ainsi, je vous conseille d’ôter de vos habitudes les ingrédients qui aggravent Kapha :

** les fritures, les plats en sauce, les produits laitiers qui sont trop lourds pour la digestion,

** les aliments crus et froids qui vont ralentir la digestion,

** les aliments contenants du sucre ajouté,

** les plats trop salés qui ont tendance à accentuer Kapha.

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Privilégiez :

** les bouillons bien chauds et soupes,

** les légumes (poireaux, betteraves, céleris, choux, endives…),

** les plats chauds de légumineuses (lentilles corail, vertes, pois cassés…),

** les céréales telles qu’orge, maïs, millet, avoine, riz basmati, seigle,

** les épices (gingembre, poivre, raifort, muscade, cannelle),

** les aromates (romarin, thym, menthe…),

** quelques fruits de saison, de préférence en compote.

Il est aussi important de manger en petite quantité. Tout comme il est recommandé de bannir les grosses portions. Celles-ci demandent beaucoup d’énergie pour être digérées et monopolisent le sang dans le système digestif.

De plus, n’oubliez pas que malgré le froid, il est bon de maintenir une activité physique et de garder un bon équilibre entre activité et repos. Si les températures sont trop extrêmes, faites quelques exercices de yoga, de Pranayama (mouvement respiratoire orienté vers le souffle vital). Bien entendu, en intérieur et de manière régulière.

Recette “Velouté de pois cassés, fenouil et thym”

Voici une recette bien hivernale, qui fait du bien à son intérieur. Un velouté de pois cassés, tout doux, avec un peu de fenouil pour la vitamine C ainsi que du thym pour faciliter la digestion et maintenir Agni. Le tout sans crème pour notre régime Kapha. Bon appétit et bon hiver !

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Copyright photo : https://www.mesinspirationsculinaires.com

Ingrédients pour 4 personnes :
150g de pois cassés, 1 fenouil, 1 bel oignon, 2 feuilles de laurier, 2 cuillères à café de thym

** Taillez et ôtez les parties abîmées du fenouil. Pelez l’oignon. Rincez les pois cassés.

** Taillez l’oignon grossièrement et taillez finement le fenouil.

** Dans une casserole, faites sautez l’oignon. Lorsque ce dernier devient translucide, ajoutez le fenouil. Sautez quelques minutes puis salez. Remuez et laissez cuire ainsi une petite minute.

** Ajoutez ensuite les pois cassés. Versez de l’eau 10 centimètres au dessus de la préparation. Ajoutez le thym, le laurier, du poivre. Bien remuer le tout. Portez à ébullition puis baissez le feu. Couvrir et laissez jusqu’à ce que les pois cassés soient cuits (ils deviennent alors mous). S’il venait à manquer de l’eau au cours de la cuisson, rajoutez-en (petite quantité par petite quantité).

** Ôtez le laurier. Mixez la préparation. Ajoutez de l’eau si nécessaire et ajustez l’assaisonnement.

Les pois cassés sont une riche source de fibres, de vitamines B et de Fer. Ce dernier est d’ailleurs plus facilement absorbé par l’organisme lorsqu’il est consommé en même temps qu’un ingrédient pourvu de vitamine C. C’est ici le cas avec l’apport de la vitamine C par le fenouil.

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Marjorie Gobbini est l’auteur de cet article