Partager :

Par le Dr Fanny Holstaine, Pharmacien aromathérapeute, homéopathe et micro-nutrition – Mise à jour le 03/04/2019

La mycothérapie ? Myco quoi ? Quesako ? La mycothérapie, ou comment se soigner avec les champignons thérapeutiques. On ne parle pas ici de Cèpes de Bordeaux, de girolles ou encore de morilles…, mais bel et bien de champignons qui peuvent soigner bien des maux. Thérapie encore méconnue du grand public, elle ne demande pourtant qu’à se faire connaitre…

INSCRIVEZ-VOUS A NOTRE NEWSLETTER

La mycothérapie, thérapie de soin par les champignons

Quesako ?

Présentation générale

La mycothérapie est une thérapie en plein développement et qui commence à avoir de plus en plus d’adeptes. En effet, parmi les 15000 espèces de champignons que l’on a pu identifier dans le monde, environ 650 ont pu être décrites comme étant thérapeutiques. Certains, comme le Reishi, le Shiitaké ou encore le Maitaké, sont connus depuis longtemps dans la médecine traditionnelle chinoise. Ce sont précisément ceux-là que nous allons décrire dans cette chronique, mais pas que…

Avant de vous présenter les différents champignons que l’on peut trouver sur le marché de la mycothérapie, il est primordial de comprendre comment cela fonctionne et quel est le rôle commun de tous ces champignons.

Il est tout d’abord primordial de signifier l’importance de la culture biologique pour les champignons. L’intérêt du bio n’est plus à démontrer, mais encore plus ici quand on sait que les champignons sont de réelles éponges. Ils absorbent tout et captent tout, y compris donc les nombreux métaux lourds et autres pesticides que l’on peut trouver dans des cultures non biologiques.

Pourquoi utiliser des champignons ?

Les champignons contiennent plus de 150 éléments bio-actifs dans leur structure.

Leur consommation nous fournit des vitamines, des acides aminés, des oligoéléments, des minéraux (tels que le sélénium et le zinc), des fibres, des phénols, des enzymes, des prébiotiques, des antibiotiques naturels. Mais aussi des chaines de sucres, les alpha et les béta-glucanes, éléments exclusifs aux champignons. Autant de nutriments qui aident à ce que l’on appelle l’homéostasie du corps.

Rentrons maintenant dans le vif du sujet… Voici un petit tour d’horizon de l’arsenal « champignon » que vous pourrez utiliser…

Le Reishi, le champignon de l’éternité

Les champignons

Le Reishi, le champignon de l’éternité

Le Reishi, de son nom latin Ganoderma lucidum, est considéré comme le socle des champignons. Si on devait en utiliser qu’un seul, ce serait sans aucun doute celui-là.

Avec plus de 130 principes actifs dans sa composition, il est le champignon qui en contient le plus. De ce fait, il est idéal pour restaurer ce que l’on appelle l’homéostasie du corps, ou de manière plus générale, l’équilibre.

Le Reishi trouvera alors sa place pour rééquilibrer le corps dans les domaines psychologiques (stress et anxiété, insomnies, …), neurologiques (migraines…), endocrinologiques (thyroïde…), immunologiques (candidoses, maladies auto-immunes, …), génito-urinaires (ménopause et prostatite), ostéo-articulaires (inflammations…), cardiovasculaires (palpitations…), dermatologiques (eczéma, psoriasis, …), ORL et pneumologiques (asthme et bronchite), ou encore cancérologiques (anti-prolifératif tumoral, complément des traitements, …).

En résumé, si vous voulez essayer la mycothérapie mais que vous ne savez pas lequel prendre parce-que vous ne vous y connaissez pas, le Reishi est fait pour vous.

La Crinière du Lion, l’Hericium

Ce champignon, Hericium erinaceus, est le champignon du système digestif par excellence. Avec son action régénératrice des muqueuses gastriques et intestinales endommagées, il trouve sa place dans l’arsenal thérapeutique des gastrites, ulcères, reflux gastro-oesophagiens, ou encore dans le traitement de l’infection à Helicobacter Pylori. Il permet aussi de soulager les allergies et intolérances alimentaires, en ayant une action sur la perméabilité intestinale. Enfin, il est également utile en cas de MICI (Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin), telles que la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.

Mais c’est aussi le champignon des maladies dégénératives. Il pourra ainsi être utilisé en cas de maladie d’Alzheimer, de Parkinson, de démences. Mais également en cas de sclérose en plaques, de par son action sur les gaines de myéline.

L’Héricium a donc un tropisme neurologique, psychologique et gastro-intestinal.

Le Cordyceps, le champignon de l’énergie

Ce champignon, Cordyceps sinensis, est très connu des sportifs, ou en tout cas mériterait de l’être. Tout d’abord de par son action sur le muscle où il permet d’augmenter la puissance musculaire, ainsi que la récupération musculaire. Ensuite, grâce à son action sur le système cardio-vasculaire où il permet d’augmenter l’utilisation de l’oxygène. Enfin, au niveau pneumologique où il augmente la capacité respiratoire. Ainsi, pour le sportif, c’est un pari gagné pour augmenter la performance, la récupération et l’endurance.

Mais il sera aussi intéressant de l’utiliser en cas de dépression, d’insomnie, de déficit de concentration ou de très grande fatigue (après un épisode de grippe, par exemple).

Au niveau génito-urinaire, on pourra l’utiliser en cas de troubles menstruels, de troubles de la libido et de problèmes de fertilité.

Enfin, il possède une grande action antivirale, un effet hépato-protecteur, et trouvera un intérêt en cas d’insuffisance rénale.

Le polypore, le champignon des fluides

Le polypore, Polyporus umbellatus, est le champignon de tous les fluides. Il apporte en effet une action diurétique 60% plus importante que le café. Il présente donc de grands intérêts, dès lors que des fluides doivent être éliminés.

Ainsi, il sera utile en cas d’infections urinaires récidivantes ou de rétention des fluides, mais aussi en tant que mucolytique dans les affections bronchiques, ou encore en cas d’Hypertension Artérielle. Dans ce dernier cas, il joue le rôle d’antihypertenseur en contrôlant cette pression artérielle de par son action diurétique.

Enfin, il présente un grand intérêt en cancérologie, notamment lors d’œdèmes (lymphœdème, métastases à propagation lymphatique, cancer du sein, ou drainant du système lymphatique après des séances de chimiothérapie).

Le maitaké, ou la lutte contre le cancer et le surpoids

Ce champignon, de son nom latin Grifola frondosa, est tout d’abord connu pour son action anti-tumorale. En effet, il présente des polysaccharides ayant une action immunomodulatrice significative. Il permet ainsi de ralentir la progression des cellules malignes, et ce grâce à sa lutte contre les métastases. De plus, comme beaucoup de champignons, il stimule les macrophages, ainsi que les cellules de l’immunité. Tout ceci lui confère une action d’atténuation des effets secondaires de la chimiothérapie et de la radiothérapie. Il présente donc un grand intérêt, en tant que thérapie synergique de ces dernières thérapies médicales.

Mais le maitaké a aussi un intérêt métabolique puisqu’il présente une action hypocholestérolémiante, ainsi qu’une action hypotriglycéridémiante. Il permet aussi de diminuer la pression artérielle. Ces deux activités, prises conjointement, permettent de diminuer le risque cardiovasculaire, notamment chez les personnes présentant des risques, comme les personnes obèses ou sédentaires.

Enfin, il présente un intérêt dans le contrôle du poids en augmentant l’activité métabolique, en diminuant la synthèse d’acides gras et en inhibant l’évolution des adipocytes. Il contrôle ainsi le métabolisme lipidique et prévient l’obésité.

Le Shiitaké, l’élixir de vie

Deuxième champignon le plus consommé dans le monde pour son apport protéique très élevé, le Shiitaké, Lentinula edodes, trouvera sa place dans votre quotidien pour de nombreuses raisons.

Tout d’abord, son action immunomodulatrice lui confère une grande action antivirale, ainsi que bactéricide. Il pourra donc être utilisé pour inhiber le VIH.

Au niveau cardiovasculaire, il permet de diminuer le cholestérol (en augmentant le bon cholestérol HDL), et de traiter les situations à risque (plaque d’athérome, thrombose, …).

Il est aussi intéressant en cas de tendinites, ou d’altérations des structures cartilagineuses.

Mais il est surtout réputé pour son action hépatique. Il exerce un rôle hépatoprotecteur et permettrait de traiter l’hépatite B.

Le Shiitaké présente donc un tropisme immunitaire, hépatique et cardiovasculaire.

L’Agaricus, le Champignon du soleil

L’Agaricus blazei est tout d’abord connu et reconnu pour ses vertus sur le système immunitaire ainsi que comme anti-tumoral. En effet, il sera utilisé en cas de déficit immunitaire, mais aussi de maladies auto-immunes, d’allergies, d’asthme ou encore d’infections récidivantes. De plus, il présente de grandes capacités antiprolifératives et angiogéniques. Il permet aussi d’aider au traitement des cancers et de traiter les effets chimio-induits.

Il présente aussi un tropisme hépatique où il permet de réduire les transaminases chez les patients atteints d’hépatite B.

De plus, il présente une certaine capacité fongicide. Il combat le Candida albicans, en augmentant la production de peroxyde d’hydrogène des cellules macrophages.

Enfin, son action sur le métabolisme lui permet de prévenir l’obésité ainsi que d’aider au traitement du diabète de type II.

La mycothérapie

En pratique

La Crinière du Lion, l’Hericium

La mycothérapie en pratique, cela donne quoi ?

Pour ma part, cela donne des dizaines de résultats satisfaisants… De la simple infection urinaire à la complexe maladie de Charcot, en passant par la sclérose en plaques, la polyarthrite rhumatoïde, ou encore l’ulcère gastrique, les champignons ont fait leur preuve.

Bien sûr, ce n’est pas en quelques semaines que l’on arrive à un résultat satisfaisant. Cela a un coût, financier tout d’abord, et puis temporel, parce que c’est long…

Et puis surtout, loin de moi l’idée de vous donner de faux espoirs. Ces champignons ne sont pas miraculeux. Dans le cas de troubles très sévères, ils ne permettent pas d’éradiquer les maladies. En revanche, ils permettent de ralentir leur progression, voire pour certaines d’établir un petit retour en arrière. Pour toutes ces maladies invalidantes, et surtout fatigantes, le principal effet de ces champignons sera de réduire la fatigue et de redonner au corps l’essentiel de ce dont il a besoin pour fonctionner normalement.

De plus, il est hors de question ici d’utiliser cette thérapie comme une alternative à une thérapie allopathique. En revanche, elle peut être d’une aide précieuse pour compléter cette dernière.

Si cette chronique vous a interpelé et que vous souhaitez en savoir plus sur les modalités d’utilisation,
il ne vous reste plus qu’à passer les portes d’une pharmacie ou d’un magasin biologique
qui ont eux-mêmes poussé les portes de la mycothérapie.

Chronique écrite par le Dr Fanny Holstaine
Pharmacien aromathérapeute, homéopathe et micro-nutrition

INSCRIVEZ-VOUS A NOTRE NEWSLETTER