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Par Marjorie Gobbini

Qu’est-ce que c’est ? D’où provient-il et en quoi consiste-t-il ?
Quels sont ses avantages et inconvénients ?

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Le régime paléolithique

Depuis quelques années, on a pu voir l’apparition de ce nouveau régime alimentaire paléolithique qui nous vient tout droit des Etats-Unis. L’objectif de celui-ci est d’adopter l’alimentation de nos ancêtres, avant l’ère industrielle. Basé sur la consommation de protéines animales, végétaux et oléagineux, ce régime paléo, comme on le nomme fréquemment, permettrait de retrouver un juste poids et de la vitalité !

Afin de pouvoir vous faire un avis sur la question, nous irons voir tout d’abord d’où provient ce régime. Ensuite, en quoi consiste-t-il ? Et pour finir, nous ferons le tour de ses avantages et inconvénients.

(Re)lisez notre précédent article : Le yoga du rire

Les origines du régime paléolithique

Le régime paléolithique, très populaire aux Etats-Unis, prend ses origines dans les années 1970 grâce à “The stone age diet“, ouvrage publié par le gastro-entérologue Voegtlin. Ce dernier a mis en avant les besoins de notre corps en nourriture non transformées.

15 ans après, l’anthropologue S. Boyd Eaton fait, lui, le rapprochement entre l’alimentation de nos ancêtres et les maladies dégénératives du monde moderne. Suite à ses recherches, il montre que notre génome n’a que très peu évolué en 40 000 ans (0,02 %). Ce qui lui permet d’affirmer que notre alimentation actuelle devrait ressembler à celle de l’époque paléolithique, c’est-à-dire constituée de nourritures brutes issues de la nature.

En 1996, le Dr Seignalet se base sur ces dernières recherches pour écrire “L’alimentation ou la 3ème médecine“, dans lequel il parle de régime ancestral, régime hypotoxique ou alimentation du type originel, en référence à ce régime paléolithique. En effet, pour lui, ce type de diète permet de soigner de nombreuses maladies dites de civilisation, et notamment les maladies auto-immunes.

C’est en 2001 que Loren Cordain, Professeur au Département des Sciences de la Santé dans l’état du Colorado aux Etats-Unis, publie un ouvrage décrivant la méthode à suivre pour faire un régime Paléo.

Précisions sur ce régime paléo

Les scientifiques qui ont étudié ce régime estiment que notre plus proche ancêtre est apparu il y a 1,8 millions d’années. C’était un chasseur-cueilleur, il se nourrissait de ce qu’il trouvait dans la nature : fruits, légumes, plantes, viandes, poissons, fruits de mer, fruits à coques et baies.

Il y a 10 000 ans, l’agriculture et l’élevage ont fait leur apparition. Cet événement a radicalement changé notre alimentation. Malheureusement, nous n’avons pas eu le temps de nous y adapter physiologiquement. En effet, 10 000 ans « d’évolution » ne représentent qu’une poussière comparé aux 1,8 millions d’années qui ont précédé.

Avec ce changement majeur, nous nous sommes mis à manger des céréales et consommer beaucoup de produits laitiers. Nos ancêtres (comme tous les mammifères) ne consommaient pas de produits laitiers, si ce n’est lors de l’allaitement après la naissance. Il a fallu attendre le Néolithique et l’apparition de l’élevage et de l’agriculture pour que l’homme se mette à consommer du lait issu des animaux. Les laits d’animaux sont faits pour faire grandir leurs petits, raison pour laquelle nous digérons très mal le lait de vache. C’est d’ailleurs pourquoi il est souvent conseillé de plutôt boire des laits issus d’animaux dont la taille se rapproche des humains. Il faut savoir également que certains procédés de fermentation limitent la quantité de lactose, ou nous aide à mieux le tolérer.

Alimentation paléolithique : en quoi consiste-t-elle ?

L’idée de cette alimentation paléo est donc de consommer seulement des ingrédients au plus près de leur état naturel. C’est-à-dire des aliments riches en bonnes graisses, sucres naturels, antioxydants, vitamines et minéraux, bénéfiques pour la santé et qui préviennent les maladies.

alimentation-paleolithique

Voici de quoi est composée l’assiette paléo :

LES LÉGUMES : ils doivent représenter la plus grande part de notre nourriture quotidienne. Bien sûr de saison, de qualité et non traités, consommés au mieux crus ou cuits à la vapeur ou à l’étouffée à moins de 90°C :

  • Tous les différents légumes: à feuilles vertes (salade, épinard, blette…), les racines (betterave, carotte, céleri-rave, patate douce…), les légumes fruits (tomate, aubergine, poivrons…), les tiges (asperges, fenouil, poireaux…), les bulbes (oignon, ail, échalote), les courges d’hiver (potimarron, courge spaghetti, butternut…), les courges d’été (concombre, courgette, melon…) et tous les choux (bruxelle, frisé, chinois, brocolis…).

LES FRUITS ET BAIES : source importante de vitamines, minéraux, anti-oxydants et de fibres, ils doivent être consommés régulièrement mais avec modération car leur teneur en sucre est assez élevée. Une attention doit être particulièrement portée par les personnes qui souhaitent perdre du poids car le foie transforme le sucre des fruits en graisse lorsqu’ils n’est pas utilisé.

  • Toutes les catégories de fruits : baies (mûre, framboise, raisin, cassis…), agrumes (orange, mandarine, clémentine, citron…), du verger (pomme, poire, pêche, figue…), exotiques (banane, kiwi, mangue, ananas…).

LES VIANDES : elles doivent être bien choisies, de pâturages, locales et bio, afin d’éviter d’ingérer hormones, antibiotiques et pesticides. Privilégiez les viandes maigres qui vous apporteront des protéines, sans trop de graisses saturées.

LES POISSONS : privilégiez les poissons sauvages, et non d’élevage. En priorité, portez votre choix sur les poissons gras, pour leur apport en oméga 3 (retrouvez mon précédent article sur les produits de la mer).

LES ŒUFS :ils seront de plein air, afin de vous procurer un maximum d’oméga 3.

LES NOIX, GRAINES ET OLÉAGINEUX : apportent fibres, calcium et autres nutriments. N’hésitez pas à en parsemer généreusement vos assiettes. Les avocats, les noix de coco et les olives font parties de cette catégorie.

– ÉPICES ET AROMATES FRAIS :pleines d’anti-oxydants et de micronutriments, abusez-en !

LES HUILES DE 1ÈRE PRESSION A FROID ET SUCRES NATURELS : miel, sirop d’érable, de coco…

En conclusion, ce régime paléo interdit :

  • la consommation de toutes les céréales (blé donc pâtes, pain, orge, sarrasin, riz…),
  • légumineuses (haricots grain, pois chiche, soja…),
  • produits laitiers (fromages, laits, yaourt, crèmes…),
  • huiles raffinées,
  • sucres raffinés et ses dérivés (sucre blanc, sodas, pâtisseries industrielles…),
  • biscuits apéritifs,
  • plats préparés,
  • alcools.

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Avantages et inconvénients du régime paléo

Nombreux sont les témoignages et les études positifs concernant le régime paléolithique. Cependant, certains dénoncent des informations faussées sur le fondement même de ce type d’alimentation. D’autres parlent d’une surconsommation de viande néfaste pour la santé autant que pour l’environnement. Le débat reste ouvert !

Petit tour d’horizons sur les avantages et les inconvénients afin que vous puissiez vous faire votre propre avis :

Les plus :

  • Perte de poids (l’absence de consommation de glucides permet une bonne perte de poids durant les 6 premiers mois du régime. Cela demande de bien respecter les règles de cette alimentation),
  • Vitalité (car richesse des aliments consommés, à l’état naturel, purs, qui procurent beaucoup de potassium bénéfique pour la pression artérielle, les fonctions rénales et musculaires. Grande quantité de protéines maigres et de bonnes graisses non saturées, très bonnes pour l’organisme),
  • Permet de ne pas contracter certaines maladies et de s’en prémunir, telles que le diabète, les problèmes liées à la digestion. Des études parlent aussi de l’acné et de la myopie.

Les moins:

  • Selon votre alimentation actuelle, cela peut représenter un changement radical d’alimentation,
  • Contrairement à ce qu’avancent les pro paléo, nos organismes ont évolué et sont maintenant adaptés à l’alimentation moderne.
  • Même si beaucoup d’aliments sont gorgés de vitamine D, il semblerait qu’un des gros points noirs de la diète est le manque de cette vitamine essentielle,
  • L’interdiction de certaines familles d’aliments pourrait créer des manques en fibres ou autre vitamines, en plus que la D.

Conseils et conclusion

Les personnes qui suivent et conseillent le régime paléo préfèrent parler d’alimentation paléo plutôt que de régime. En effet, même si celui-ci vous permettra une perte de poids rapide (baisse de la masse graisseuses superflue), il ne s’adopte pas pour un temps et des objectifs précis, comme tous les régimes, mais plutôt comme une habitude alimentaire au quotidien, à vie, une hygiène de vie. Cela peut paraître restrictif. Mais à bien y regarder, vous donnez à votre corps des aliments bruts, donc des aliments non transformés, et par conséquent des aliments plus faciles à digérer. En outre, il est vivement conseillé de faire 1 à 2 repas “plaisir” par semaine, afin de pouvoir justement tenir sur le long terme.

Certains paléos ont tendance à manger beaucoup de viande, étant donné que le régime le permet. Il ne faut pas oublier, comme il est dit plus haut, que le choix des viandes doit se porter sur les viandes maigres (poulet, jambon blanc, dinde…).

Personnellement, cette consommation importante de viande me pose problème, tant au niveau santé qu’au niveau écologique… Dans mes articles, j’évoque souvent le lien entre santé et faible consommation de viande (notamment la viande rouge et certaines cuissons). En effet, nous entendons et prenons connaissance de plus en plus fréquemment d’abstracts de chercheurs, professeurs en cancérologie ou autres, qui conseillent d’éviter une trop grande consommation de viande pour se prémunir des maladies cardio-vasculaires, des problèmes d’inflammation des intestins, des cancers du côlon… En outre, vous n’êtes probablement pas passés à côté de cette étude sur l’alimentation publiée dans la prestigieuse revue The Lancet, et menée à grande échelle sur 27 ans et portant sur 195 pays. Vous y découvrirez qu’un décès sur cinq dans le monde est lié à une mauvaise alimentation et quel est le régime alimentaire idéal, aussi bien pour nous que pour la planète. La consommation de viande est bien évidemment abordée.

Depuis des années que je cherche, réfléchis, lis, écris et teste divers “régimes”, j’arrive à un point où je pense qu’il est effectivement plus juste de donner à son corps des aliments non transformés, de ne pas trop manger de céréales, de légumineuses, de laitages, de gras trans, qui encrassent notre organisme.

C’est pourquoi ce régime paléo pourrait se rapprocher de ma pensée diététique actuelle ! L’idée étant de manger un peu de tout ce qu’offre la nature à l’état brut. Mais comme tout régime, le mieux est de tester vous-même ! Vous n’êtes pas obligé(e)s de le suivre directement à la lettre, mais l’idée est d’aller progressivement vers le régime en supprimant les aliments interdits et dont vous êtes habitué(e)s.

Et surtout n’oubliez pas, comme à chaque type de diète, faites de l’exercice physique au quotidien !

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Marjorie Gobbini est l’auteur de cet article