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Par Sandrine Cathala

Qu’est-ce que c’est ?
Quels sont les symptômes et comment le détecter ?
A quoi est-il dû ? Que faire, pour quelle prise en charge ?
Quelle évolution à l’âge adulte ?

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Qu’est-ce que c’est ? Quels sont les symptômes ?

Le terme « Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité » (TDAH) est apparu dans les années 1990. Il désigne un trouble neurodéveloppemental qui se caractérise par un ensemble de symptômes se répartissant selon 3 axes principaux :

  • L’inattention : caractérisée par la difficulté à maintenir son attention dans la durée, l’incapacité de terminer une tâche, la fréquence des oublis, la distractibilité et le refus ou l’évitement des tâches exigeant une attention soutenue.
  • L’impulsivité : définie par la difficulté à attendre, le besoin d’agir et la tendance à interrompre les activités d’autrui. Difficulté à gérer ses émotions et à garder son calme.
  • L’hyperactivité : constituée d’une agitation incessante, d’une incapacité à rester en place quand les conditions l’exigent (notamment en milieu scolaire) et d’une activité désordonnée et inefficace.

Selon les classifications internationales, un certain nombre de critères doivent être présents pour chacune de ces 3 dimensions pour que le diagnostic puisse être porté (depuis plus de 6 mois au moins, avant l’âge de 5 ans et dans différentes situations de vie : école, famille, loisirs). Le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité  survient le plus souvent chez les garçons que chez les filles.

D’autres perturbations sont souvent associées :

  • Enurésie (pipi au lit)
  • Difficultés d’endormissement, réveils la nuit, sommeil agité
  • Tics
  • Somatisation : maux de ventre, de dos, de cou
  • Anxiété
  • Troubles du langage et difficultés d’expression, de l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, du calcul.

Comment détecter le syndrome du Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité chez un enfant ?

  • Signes évocateurs d’un trouble de l’attention :
  • Se laisse facilement distraire
  • Donne l’impression de ne pas écouter, oblige l’entourage à lui répéter un grand nombre de fois les consignes
  • A des difficultés à maintenir son attention dans son travail scolaire ou les jeux, se lasse très vite
  • A du mal à s’engager dans une activité et à la terminer
  • Signes évocateurs d’une hyperactivité :
  • Est agité, ne reste pas assis, gigote, manipule ses affaires en permanence, ne tient pas en place
  • A tendance à perturber les autres
  • Se met en danger
  • Signes évocateurs d’une impulsivité
  • Agit ou répond sans réfléchir
  • Ne prend pas le temps de sélectionner la réponse adaptée
  • Ne contrôle pas ses gestes, ses paroles, ses émotions
  • Se montre impatient, n’aime pas attendre, s’impatiente dans une salle d’attente, se sent facilement frustré
  • Coupe la parole de manière inappropriée ou intervient de manière impromptue
  • Autres plaintes des parents :
  • L’enfant a des capacités mais à tendance à bâcler son travail
  • Enfant très spontané, un peu trop parfois
  • Enfant moteur dans un groupe mais dont le comportement est difficile à supporter par les autres
  • Irrégularité des résultats scolaires
  • Difficultés de mémorisation à court terme
  • Oublie son matériel, tripote, dégrade
  • Constats du médecin :
  • N’a pas d’amis bien que bon contact et agréable
  • Curieux et intelligent mais à des résultats scolaires mauvais ou irréguliers
  • Problèmes repérés par le personnel scolaire :
  • Enfant rêveur
  • Fluctuation des capacités de concentration
  • Passe d’une activité à l’autre sans la terminer, oublie de finir une tâche
  • Comportement agité, ne tient pas en place
  • Problèmes repérés à l’adolescence :
  • N’aime plus l’école
  • A peu d’amis proches ou a des difficultés à conserver des liens d’amitié
  • Conflits fréquents avec les parents
  • Faible estime de soi
  • Exprime sa difficulté à être sage

Il en ressort que pour l’entourage familial, social, mais aussi scolaire, le comportement de l’enfant est difficile à gérer. De ce fait, l’enfant avec TDAH est souvent rejeté, puni, mis de côté, et pourtant, il est en quête d’une affection permanente et est souvent angoissé.

A côté des aspects difficiles à gérer au quotidien, leur imagination débordante, leur grande créativité, leur hyperactivité avec plein de projets et leur grand intérêt pour tout ce qui l’entoure favorisent des échanges d’une grande richesse. A la seule condition que le contexte s’y prête (calme, ambiance sereine, …).

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Mais à quoi le TDAH est-il dû ?

Il faut bien l’avouer, même si la recherche avance depuis ces 20 dernières années, le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité  reste encore énigmatique.

Les différentes études mettent l’accent sur différents facteurs :

  • Une disposition génétique
  • Une grossesse à problèmes
  • Une exposition in utero à l’alcool et/ou tabac
  • La prématurité
  • Des déficits nutritionnels pendant la grossesse en particulier en vitamines B
  • Un accouchement difficile qui a pu engendrer des lésions cérébrales
  • Un traumatisme crânien surtout dans la petite enfance
  • L’exposition de la mère et/ou de l’enfant à des polluants divers, en particulier le plomb, le mercure et les perturbateurs endocriniens
  • La consommation d’additifs alimentaires comme le benzoate de sodium et/ou de colorants
  • Les pesticides

D’autres facteurs, plus sociaux que médicaux, peuvent rentrer en jeu. La mésentente des parents, ou celle parents/enfant, pourrait être l’un des facteurs à l’origine du trouble, ainsi que des évènements marquants ou choquants.

Il ne faut pas non plus négliger l’alimentation actuelle basée sur une surconsommation de sucre. De plus en plus de très jeunes enfants boivent des boissons sucrées à table. Quand ce n’est pas du coca qui, en plus d’être une boisson très sucrée, se révèle aussi être un excitant.

La société de consommation oblige les parents à courir sans cesse. Les enfants sont là, contraints de suivre ce rythme effréné. N’oublions pas l’impact négatif des portables ou des tablettes sur lesquels les enfants, dès leur plus jeune âge, passent trop de temps à jouer. La fatigue les gagne rapidement, ainsi que l’énervement dû au choix de leur jeu, par exemple. Tout ce temps assis à regarder fixement ces écrans anéantit l’envie de jouer en plein air, le développement de leur créativité, le contact avec les autres enfants, etc…

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Prise en charge multimodale

tdah

Cela signifie qu’il faudra allier plusieurs prises en charge pour aider l’enfant à compenser ses difficultés. Elle se compose souvent de :

  • Rééducations (orthophonie, psychomotricité, remédiation cognitive)
  • Outils psychothérapeutiques et pédagogiques (Thérapies Comportementales et Cognitives: thérapies individuelles ou de groupes s’adressant à l’enfant ou à la famille)
  • Psychoéducation des parents et/ou des enfants
  • Aménagements scolaires en classe
  • Traitements médicamenteux

Au lieu de s’attaquer au problème de fond, c’est-à-dire à la tension pulsionnelle élevée, les traitements médicamenteux les plus courants tentent de contrer le déficit de l’attention. Ce traitement est bâti autour d’une amphétamine, un psychostimulant, ce qui n’est pas sans danger. Le méthylphénidate (Ritaline, Concerta, Quasym, …) montre des effets positifs en début de traitement mais ne devrait pas être utilisé sur du long terme car il faut garder à l’esprit que le problème de fond est bien une hyperactivité et non l’inverse. Il n’est donc pas surprenant que si l’on poursuit ce traitement, on ait une aggravation des symptômes (aggravation de l’anxiété, dépression, symptômes psychotiques ou maniaques, tics, …).

De plus, la méthylphénidate peut entraîner une augmentation de tension artérielle, de la tachycardie, des céphalées, des diarrhées, …

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Alors, que faire pour ce Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité ?

Il existe un traitement nutritionnel de l’épuisement noradrénergique. Il a été testé par des psychiatres depuis les années 1970.

Au lieu de stimuler artificiellement l’attention, comme le font les amphétamines, il s’agit de redonner aux neurones de quoi produire normalement et durablement ce relanceur de l’attention et de la concentration, la noradrénaline.

La noradrénaline est fabriquée à partir d’un acide aminé, la tyrosine. Il suffit pendant quelques temps d’en prendre pour que les neurones s’harmonisent durablement.

Des études ont démontré l’efficacité de cette protéine. Toutefois, il y a des indications à respecter. Autrement dit, il est important et fondamental d’avoir un suivi médical.

Nous pouvons toutefois tenter d’équilibrer cette hyperactivité par l’alimentation, l’oligothérapie, les vitamines… Un petit aperçu :

  • Le magnésium, dans les cas de TDAH, est généralement très bas. Son déficit entraîne une hyperactivité qui se traduit par des tensions musculaires et digestives, des perturbations du sommeil, de l’anxiété. D’où l’intérêt de complémenter quotidiennement ce besoin.
  • Manger des glucides lents comme les légumes secs, pain semi complet, flocons/semoules à chaque repas
  • Consommer du chocolat, idéal pour les enfants !
  • Complément de vitamines B, d’oméga 3, de sélénium, de zinc, calcium, vitamine C, acide alpha-lipoïque, ….

Que deviennent ces enfants à l’âge adulte ?

Généralement, à la puberté, l’agitation diminue. Quant aux troubles de l’impulsivité et de l’attention, ils vont en s’améliorant. Même si pour l’instant, on ne guérit pas entièrement d’un TDAH, plus l’enfant aura appris à vivre avec ce syndrome, plus sa vie d’adulte sera épanouie.

En conclusion, si vous suspectez un TDAH chez votre enfant, seul un spécialiste pourra bien évidemment poser un diagnostic. Le spécialiste réalisera un bilan qui repose essentiellement sur l’observation de l’enfant et le recueil des informations le concernant auprès des parents, mais aussi auprès de toutes les personnes adultes qui le côtoie. Ce bilan se compose d’un entretien avec les parents et d’un examen de l’enfant. Des questionnaires seront adressés à toute la famille et aux enseignants.

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Sandrine Cathala est l’auteur de cet article

Sandrine-Cathala-naturopathe

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