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Par Marjorie Gobbini

Quelles transformations lors de cette période ?
Quels besoins énergétiques ?
Comment accompagner son adolescent dans son alimentation ?

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L’adolescence est la période de croissance la plus importante de la vie d’une personne.

L’adulte en devenir peut-être – souvent – perturbé par ce moment de vie particulier qui comprend énormément de changements (physiques, psychiques et sociaux). Des changements pouvant malheureusement parfois mener à du mal-être, mais aussi à de nombreux troubles du comportement alimentaire.

En outre, les besoins énergétiques liés à cet âge, même s’ils varient d’une personne à l’autre, sont différents de ceux des adultes, tout autant que le sont ceux de l’enfance. Il sera donc important de veiller à ce que l’alimentation comble ce grand besoin nutritionnel, en étant ainsi attentif à ce qu’il soit bien pourvu en protéines, zinc, fer, calcium et vitamine D.

L’adolescent doit être bien entouré dans cette période de turbulences excessives afin qu’il soit accompagné au mieux dans tous ces changements.

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L’adolescence, ses changements et ses troubles associés, l’alimentation des adolescents en particulier

Période de transition de l’enfance à l’âge adulte, l’adolescence est loin d’être un long fleuve tranquille pour beaucoup de jeunes !

La modification des hormones sexuelles (augmentation de la testostérone chez les garçons et œstrogènes chez les filles) amène des changements significatifs sur les corps : croissance, acné, pilosité (…) sont le lot de cet âge transitionnel.

Avec ces changements physiques apparaissent des modifications psychologiques et émotionnelles, tout aussi importantes que les premières. Entre le désir d’autonomie et la dépendance au cocon familial, les choix face auxquels ils se retrouvent, les questions d’identité, l’image de soi, les conflits avec la famille, les recherches de nouvelles expériences, etc… l’adolescent subit un tsunami intérieur qui va le perturber jusqu’à son alimentation.

En effet, au vu de tous ces changements, cette dernière devient même le théâtre de l’expression des pulsions, des régressions, de la quête d’autonomie, du contrôle et des conflits de toutes sortes.

L’apprentissage alimentaire qui se fait depuis l’enfance par le biais de la famille va permettre d’acquérir le “bien manger”, en ayant des repas équilibrés, heurés. Mais à l’adolescence, le besoin d’opposition au modèle parental, inhérent à la construction du jeune, l’amène souvent à être attiré par la junk food qui peut représenter une menace pour sa santé. Il ne faut cependant aucunement négliger l’importance qui est mise sur le partage des repas pour les adolescents, avec leurs amis, leur groupe d’appartenance, qui souvent prime sur sa composition.

Face à ces mouvements difficiles qu’offre l’adolescence, on peut se trouver face à des troubles du comportement alimentaires (TCA) très importants. Ainsi, certains angoissés par ces perturbations diverses, peuvent se réfugier dans la nourriture pour se réconforter et se sécuriser. Ajouté à cela que l’alimentation des jeunes est souvent axée sur des ingrédients gras et sucrés, la boulimie peut en être une conséquence. A l’autre extrême, se trouve l’anorexie, un danger physique mais aussi psychologique pour les jeunes. Quand d’autres vont plutôt contrôler leur alimentation afin de ne pas grossir, avec un besoin obsessionnel de manger juste, sain, phénomène plus présent d’ailleurs chez les jeunes filles, appelé orthorexie.

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Les besoins énergétiques des adolescents

Il faut savoir qu’en 5 ans, un adolescent va prendre près de la moitié de son poids et 15 % de sa taille définitive (de 7 à 9 cm par an) ! Ce qui explique assez bien ce besoin de dévorer que l’on observe chez la plupart des adolescents.

Cette phase de croissance rapide est différente chez les filles qui vont arrêter de grandir 3/4 ans après leurs premières règles (autour de 15 ans). Alors que les garçons vont commencer à grandir plus tardivement (autour de 13 ans) et continuer à prendre de la masse musculaire jusqu’à 19 ans.

Jusqu’à l’âge adulte, les filles hériteront plutôt d’une augmentation de la masse graisseuse, d’où cette problématique de l’image du corps, plus prégnante chez elles. Cependant, cette augmentation de gras corporel est essentielle pour la production des œstrogènes et par conséquent pour la bonne régulation des règles mensuelles.

On peut donc voir que cette période de la vie demande un apport énergétique fort important. Il faut de plus, à cet âge, porter de l’attention plus précisément sur les protéines, le zinc, le fer, le calcium et la vitamine D.

En effet, le développement de la masse musculaire (plus importante chez les garçons), ainsi que les activités sportives régulières, demandent un apport en protéines et zinc conséquent. Les jeunes pourront les trouver dans les produits carnés tels que la viande, les poissons, les fruits de mer, les laitages, les légumineuses.

Le calcium, essentiel à la construction des os (surtout en cette période où l’acquisition se situe autour de 45 % de la masse osseuse), se trouvera dans les laitages mais aussi dans les sardines, les légumes crucifères, certaines eaux minérales, les amandes. Le calcium végétal est globalement mieux absorbé que le calcium laitier  !

La vitamine D, quant à elle, est essentielle pour fixer le calcium sur les os. Le plus simple des apports se fait via le soleil ! Mais on peut en trouver en consommant des œufs, du fromage, des abats.

Le fer est important pour les filles, en lien avec la perte de sang dû aux cycles menstruels, mais aussi pour les garçons dont l’accroissement de la masse musculaire demande cet apport minéral. Ils pourront les trouver dans la plupart des protéines qu’ils vont consommer.

Bien entendu, une alimentation équilibrée en fruits et légumes, céréales, boissons non sucrés et une consommation très modérée de sucre permettra à l’adolescent de se développer pleinement.

Comment accompagner son adolescent dans son alimentation ?

En cette phase de troubles, les parents peuvent être tout aussi perturbés que leurs ados !

D’autant plus qu’ils se trouvent face à un dilemme : d’un côté, il savent (en général) que la période de l’adolescence est importante en terme nutritionnel pour le bon développement de leur enfant, et d’un autre côté ils sont aux premières loges de ce désordre anarchique, mais nécessaire pour la construction de leur progéniture !

La puberté est à l’origine des changements hormonaux. Ces mêmes changements qui, en plus d’être responsables des transformations corporelles, occasionnent des changements d’humeur. Il faut beaucoup de patience et de présence de la part des parents pour rassurer les adolescents sur les modifications corporelles inhérentes à l’adolescence. L’évolution pubertaire physiologique peut entraîner des fluctuations pondérales, la rendant suspecte. Il faut donc parfois aider les adolescents à garder leur bon sens face à des messages contradictoires. Il est important que les familles restent vigilantes et qu’elles ne soient pas à l’origine de mesures alimentaires, voire de régimes préjudiciables à la santé de l’adolescent.

Conclusion sur l’alimentation des adolescents

Je terminerai cet article par les conclusions d’une récente étude transversale sur les comportements alimentaires des adolescents, appelé “Alimados” et effectuée par l’Agence Nationale de la Recherche. Ces conclusions sont plutôt positives et nous amène une autre image du rapport qu’ont les adolescents de notre époque à l’alimentation. Et ça fait plaisir !

” Les jeunes Français intègrent dans leur mode alimentaire différentes cultures et mixent selon les circonstances culture adolescente et culture familiale. La dimension affective reste primordiale dans leur rapport à l’alimentation. Les repas familiaux et les “petits plats” des grands-mères restent bien classés au hit-parade des préférences culinaires des adolescents, qui intègrent cela comme le reste, pour la plupart avec aisance et liberté.
Cette étude montre également la double contrainte à laquelle les adolescents sont soumis : l’aliment est à la fois source de liberté, plaisir et jouissance mais également autocensuré dans un idéal esthétique et de bonne santé. Au fond, la diversité adolescente, la diversité alimentaire et la diversité des populations se mêlent et s’organisent pour offrir à ces adolescents un mode alimentaire original à l’image de notre société. “

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Marjorie Gobbini est l’auteur de cet article