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Par Marjorie Gobbini

Pourquoi cette alimentation émotionnelle prend sa source dans notre enfance ?
En quoi le cerveau est-il l’acteur principal ?
Quelles en sont les conséquences et comment mieux les gérer ?
Quel rôle peut jouer l’ayurvéda dans ces émotions alimentaires ?

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Alimentation et émotions

Qui d’entre nous ne sait jamais retrouvé à manger un peu plus que de raison dans un contexte familial ou amical où l’on se sent bien ? Et qui d’entre nous ne s’est jamais rabattu sur un paquet de gâteaux, une tablette de chocolat lors d’un moment de déprime ou de tristesse ?

Notre alimentation est étroitement liée à nos émotions. Que ces dernières soient positives ou négatives, l’état dans lequel nous sommes intérieurement joue minutieusement et incontestablement sur notre alimentation.

Outre le fait que ce fonctionnement prend racine dès notre petite enfance, nous allons voir combien le cerveau est l’acteur principal de cette alimentation, dite émotionnelle. Quels en sont les conséquences et les risques éventuels ? Grâce à l’Ayurvéda, nous verrons aussi comment déjouer les conséquences de ce type d’alimentation.

Re.lisez notre précédent article : L’eau, c’est la vie

Alimentation et émotions, de la naissance à l’âge adulte…

Dès la naissance, l’enfant pleure et crie lorsqu’il a faim. Puis une fois rassasié, il cesse de prendre le sein, le biberon, ou son repas. Naturellement, celui-ci perçoit ses sensations de faim et de satiété.

Puis au fil du temps, de l’éducation qu’il lui ait donné, du rapport à l’aliment qu’on va lui inculquer, l’enfant entre dans le jeu émotion/alimentation. On va lui donner un biscuit lorsqu’il ne pleure plus par exemple, ou des bonbons lorsqu’il est sage…

Au fil des années, ces habitudes s’inscrivent en nous et aurons tendance à perdurer, inconsciemment.

Adultes, nous pouvons observer que selon notre humeur du matin, selon le moment de la journée ou bien en fonction de ce que nous vivons au travail, au sein de notre famille ou encore dans notre couple ou avec les ami(e)s, nos envies diffèrent ; nous ne sommes pas attiré.e.s par les mêmes aliments.

En effet, si je suis triste, je vais avoir tendance à manger des aliments sucrés (chocolat, gâteaux, glace, bonbons, etc…). Si la colère surgit, peut-être va-t-elle me couper l’appétit, mais elle peut tout aussi bien créer l’effet inverse et me donner envie de consommer des aliments forts et puissants en goûts, tels que le piment, la viande, l’alcool, etc…

L’alimentation émotionnelle, tendance à manger pour répondre à une émotion

Dans ces situations-là, on peut dire que l’on ne mange pas simplement pour assouvir notre besoin vital, qui est de se nourrir pour vivre. Mais nous mangeons pour remplir, apaiser, ou encore combler un manque, une frustration, une colère… Cette tendance à manger pour répondre à une émotion, s’appelle l’alimentation émotionnelle.

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La faim et le cerveau

La sensation de faim est normalement physiologique. On a des gargouillements, une sensation de ventre vide, on baille (…), on sait qu’il est temps de manger !

Cependant, lorsqu’on parle de l’alimentation et des émotions, cela fait plutôt référence à d’autres signaux qui sont, comme nous l’avons vu ci-dessus, liés à un contexte émotionnel.

Le stress, par exemple, qu’on classerait plutôt du côté des sensations que des émotions, va nous donner envie de manger en quantité, ou parfois de se priver. De la même manière que le chien de Pavlov qui va saliver à l’écoute du tintement de la cloche alors qu’il n’y a plus le morceau de viande. On va acquérir des automatismes au fil de nos émotions, au cours de notre vie, qui vont nous conditionner.

Il faut savoir que l’alimentation est l’élément principal qui va avoir pour effet d’activer notre zone de plaisir au sein de notre cerveau ! Et lorsque nous sommes face à une émotion, nous allons avoir tendance à manger, en réponse à cette émotion car notre cerveau va déclencher cette envie de manger, par réflexe. Si j’ai toujours eu pour habitude de décimer un paquet de chips lorsque je suis triste, le cerveau l’enregistre et à chaque fois que je serai triste, mon corps aura envie de chips !

C’est assez simple ! On peut retrouver ces associations dans des situations quotidiennes, même non liées à des émotions mais tout simplement à des habitudes. Tout un chacun s’est déjà retrouvé avec une envie d’un demi de bière bien frais, simplement en s’asseyant à la terrasse ensoleillée d’un café ! Mais aussi, avec l’envie de fumer une cigarette, prendre l’apéritif dés qu’on se retrouve entre copines ! Je vois aussi beaucoup de personnes qui, dès lors qu’elles rejoignent leur canapé pour regarder la télé, mange systématiquement un paquet de gâteaux !

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Alimentation émotionnelle, quelles conséquences ?

On peut donc voir combien le cerveau est l’acteur principal de ce fonctionnement. Ce dernier n’est pas un problème en soi, il sert même de régulateur de l’état psychologique. Il le devient lorsque c’est systématique et très régulier. On peut alors prendre le chemin des troubles de l’alimentation (prise de poids, obésité, anorexie, etc…).

C’est à ce moment précis que cela peut devenir difficile pour la personne concernée de gérer ces conséquences. Dans le cas d’une prise de poids, on peut être face à une perte de confiance, de la honte, pouvant alors engendrer des problèmes d’isolement social. Dans le sens inverse, les personnes qui se privent de manger lorsqu’elles sont stressées, par exemple, peuvent faire preuve d’une grande culpabilité à leur propre égard ; sentiment particulier qui peut devenir difficile à gérer seul…

Comment déjouer ces conséquences ?

Selon le degré des conséquences éprouvées par la personne, elle peut se faire aider sur le plan psychologique. Une aide qui va très certainement l’accompagner à rompre cet automatisme, à déconstruire ce chemin : telle émotion = tel aliment.

Ceci en travaillant sur le remplacement de l’aliment par un geste, une action différente et valorisante (des étirements, du dessin, etc…). Je suis en colère après une réunion de travail qui s’est mal déroulée, on va tenter de m’amener (et intrinsèquement mon cerveau) à modifier mon fonctionnement. Pour cela, au lieu de me ruer sur les bières qu’il y a dans le frigo ou un autre alcool ou un autre aliment, on va plutôt aller courir ou marcher. Au fil du temps, nous allons déconditionner notre propre cerveau, qui va finir par effacer le 1er schéma (colère/alcool) pour donner place au second (colère/footing). Pour, cela il faudra du temps et de la patience !

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Alimentation, émotions et Ayurvéda

En attendant, vous avez l’Ayurvéda qui peut vous aider. Cette approche naturelle, par le biais de la nourriture justement, vous aidera à rééquilibrer vos émotions. Médecine holistique ancienne, de tradition indienne qui considère que toute chose et tout être humain est constitué des 5 grands éléments : l’eau, l’éther, l’air, le feu et la terre, et ce dans des proportions plus ou moins importantes.

Ces 5 éléments procurent donc aux individus une multitude de “qualités” (chaud, humide, gras, piquant, etc…) qui vont prendre vie selon le contexte de la personne. Ainsi, l’ayurvéda propose une alimentation qui va venir contre-balancer ces émotions, constituée d’aliments qui vont permettre le retour à une forme d’équilibre.

Voici deux exemples d’émotions fortes par lesquelles nous passons tous :

La tristesse

Si je suis triste, je vais avoir tendance à manger du chocolat, des sucreries, des aliments lourds et gras afin de combler cet état émotionnel.

Ma constitution en ayurvéda va se modifier car la proportion des éléments qui me constituent va logiquement et naturellement se retrouver en déséquilibre. Le fait de manger des aliments lourds, gras et sucrés va se traduire par un excès Kapha (Terre/Eau). Et si je continue de consommer ce type d’aliments, je vais aggraver mon déséquilibre ainsi que mon état émotionnel.

Il va donc falloir rééquilibrer cela en mangeant plutôt des aliments piquants, amers, astringents, légers, tels que des fruits (hors repas), des légumes (privilégiez le cru en été). L’idée est de faire circuler, de donner du mouvement, du Vata (Air/Ether) afin de réajuster cet état. Les aliments lourds et gras, frits, les plats préparés, sodas et repas copieux, vous feront stagner dans cet état émotionnel.

La colère

Si je suis très en colère, je vais avoir tendance à aller nourrir cette vive émotion en buvant un verre d’alcool fort, manger de la viande, un plat pimenté peut-être…

Ces derniers font partie de la famille Pitta (Feu/Eau) et vont donc avoir pour effet d’augmenter le feu dans mon organisme, et ainsi renforcer mon état de colère.

Pour réajuster cela, l’Ayurvéda proposera de consommer des aliments plutôt rafraîchissants, légers, de goûts plutôt sucrés, amers ou astringents, végétariens. Évitez donc les aliments lourds et gras, les goûts salés, épicés, aigres, l’alcool, la viande qui ne feront qu’aggraver votre feu.

Conclusion pour mieux gérer ses émotions par son alimentation

Ne mangez pas vos émotions ! Tentez de ne pas les refréner en compensant avec l’alimentation, mais plutôt de les laisser vivre, les laisser passer à travers vous sans trop les prendre de plein fouet.

Faites en même des alliées. Même si cela n’est pas évident, essayez d’en prendre le chemin. Vous verrez qu’au fil de ce dernier, vous allez retrouver un certain équilibre ! Et appuyez-vous sur l’Ayurvéda, cette riche médecine vous apportera des solutions au quotidien.

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Marjorie Gobbini est l’auteur de cet article